Tshuapa : à Boende, Mukoko Samba constate des infrastructures économiques à l’arrêt
À Boende, le vice-premier ministre Daniel Mukoko Samba dresse l'état des lieux des infrastructures de la Tshuapa : centrale SNEL à l'arrêt, bac en panne, port sous-exploité. Une économie provinciale coupée des marchés.
Tshuapa : à Boende, Mukoko Samba constate des infrastructures économiques à l’arrêt
AFP
BOENDE – Le vice-premier ministre et ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, a ouvert samedi 20 juin à Boende la première étape d’une mission économique dans la Tshuapa. Au chef-lieu provincial, il a inspecté les principales infrastructures publiques et rencontré les opérateurs économiques pour mesurer ce qui freine la production et les échanges. Le constat, livré sur son compte X, énumère des infrastructures à l’arrêt et une économie largement informelle.
À la Société nationale d’électricité, la centrale thermique est à l’arrêt depuis plus de deux mois, avec des effets directs sur l’activité, selon le ministre. L’Office des routes et l’Office des voiries et drainage souffrent d’une « absence quasi totale d’engins et d’équipements » d’entretien. Le bac sur la rivière Tshuapa, maillon de la route nationale 8 qui relie Mbandaka à la RN7 près d’Ikela via Ingende et Boende, ne fonctionne pas. Au port de l’Office national des transports, l’activité reste fortement réduite malgré un entrepôt et des installations au potentiel réel. L’hôpital général de référence fonctionne, mais bute sur des problèmes d’équipement.
Les discussions avec les services techniques, la société civile et les opérateurs ont confirmé un diagnostic plus large. Mukoko Samba relève l’abandon progressif de nombreuses plantations, la prédominance de l’économie informelle, l’absence de banques commerciales, une mobilité difficile à l’intérieur de la province, des infrastructures énergétiques et logistiques fragiles, et des coûts élevés pour écouler les produits locaux.
La visite prolonge une tournée que le ministre mène dans le centre du pays. Quelques jours plus tôt, au Sankuru, il avait fait de l’enclavement la clé du pouvoir d’achat. Le fil se retrouve à Boende : sans routes praticables, sans courant ni bac, les récoltes ne rejoignent pas les marchés.
« La Tshuapa dispose d’importants atouts naturels et humains », a écrit Mukoko Samba. « Le principal défi consiste désormais à reconnecter son potentiel productif aux marchés nationaux et régionaux. »
Le ministre de l’Économie inscrit ces déplacements dans une même ligne : encadrer les chaînes de production locales, soutenir la transformation sur place et arrimer les provinces enclavées au marché national. La Tshuapa, vaste et forestière, en offre un cas d’école, un potentiel agricole réel presque coupé des circuits d’échange.
La suite de la mission doit préciser les mesures envisagées pour la province. Le bilan de Boende, lui, est posé.