Guerre à l’Est : le Prof Dady Saleh plaide pour la création d’une véritable force de dissuasion nationale
Professeur Dady Saleh, expert en économie et stratégie de développement pour les pays du Sud
AFP
Face à l’insécurité persistante dans l’Est de la République Démocratique du Congo, le professeur Dady Saleh, analyste politique indépendant et notable du Nord-Kivu, appelle à la mise en place d’une véritable force de dissuasion nationale. Selon lui, cette initiative est indispensable pour mettre fin aux violences récurrentes qui déstabilisent cette région du pays.
Tout en reconnaissant les efforts consentis par le gouvernement congolais sous le leadership du président Félix Tshisekedi, le professeur Dady Saleh estime que ces actions demeurent insuffisantes si elles ne sont pas accompagnées d’une posture stratégique plus offensive. Il propose ainsi la création d’un dispositif de dissuasion puissant, capable de renforcer la souveraineté nationale sur les plans économique, militaire, diplomatique et culturel.
«Aucune paix durable ne peut être obtenue sans puissance dissuasive réelle. Il faut instaurer une force de dissuasion pour restaurer l’autorité de l’État dans l’Est du pays, au lieu de continuer à se faire duper par une série de dialogues et d’accords de paix qui peinent à garantir la stabilité », a-t-il déclaré.
Le professeur insiste également sur la nécessité d’une meilleure structuration et coordination des groupes armés patriotes connus sous le nom de Wazalendo, engagés dans la défense de la souveraineté nationale. Il considère leur encadrement comme un pilier stratégique de la résistance populaire face aux menaces persistantes contre la RDC.
«Chaque Congolais devrait s’approprier cette dynamique patriotique afin de bâtir une véritable force populaire alignée sur les intérêts de la nation », a-t-il affirmé.
Cela, selon lui, nécessite une formation rigoureuse, un soutien logistique de l’État, ainsi qu’une intégration cohérente de ces groupes dans les stratégies nationales de défense, d’économie et de diplomatie.
Bien qu’il affirme ne pas douter de la volonté du président de la République de mettre fin à cette guerre, le professeur Dady Saleh déplore la dépendance du gouvernement congolais vis-à-vis de certaines puissances étrangères en matière de sécurité.
«La RDC doit apprendre à se prendre en charge elle-même et cesser de dépendre de l’Ouganda ou d’autres puissances extérieures », a-t-il martelé.
Cette prise de position intervient alors que la RDC est engagée dans de nouveaux pourparlers avec les rebelles du M23 et renforce sa coopération militaire avec l’Ouganda.
Azarias Mokonzi