Sécurité & Défense Ilebo : trois morts et dix-huit interpellations après quatre jours d’affrontements entre jeunes

Ilebo : trois morts et dix-huit interpellations après quatre jours d’affrontements entre jeunes

Quatre jours d’affrontements entre deux groupes de jeunes à Ilebo, du 3 au 6 octobre 2026, ont fait trois morts et conduit à dix-huit interpellations. À l’origine, un litige successoral privé. La cité a fermé ses écoles et ses marchés, et le port de Kalina a été fortement perturbé.

(Illustration) Une vue des balenières acostés ce 06/09/2010 le long du fleuve Congo à Kinshasa. Radio Okapi/ Ph. John Bompengo
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 8 OCTOBRE 2026 - 14:52 WAT · 3 min de lecture

Trois personnes ont été tuées et dix-huit jeunes interpellés à Ilebo, dans le Kasaï, après quatre jours d’affrontements entre deux groupes de jeunes, du 3 au 6 octobre 2026. Le calme est revenu le mercredi 7 octobre, selon l’administrateur du territoire adjoint, Paul Manyang, cité par Radio Okapi. « La paix est revenue et la population vaque à ses occupations », a-t-il déclaré.

Une succession familiale à l’origine de quatre jours de violences

Le point de départ est un litige foncier privé. Le chef d’un groupe de jeunes connu localement sous le nom de Pool ya Zara s’est rendu au domicile de sa mère pour réclamer la parcelle laissée par son père défunt, que sa mère aurait vendue après s’être remariée.

Les désordres qui ont suivi ont provoqué la riposte des jeunes du quartier Baudouin. L’affrontement s’est alors détaché de son objet initial pour devenir un conflit de quartier.

Le mécanisme n’est pas propre à Ilebo. Le pouvoir coutumier et la succession foncière alimentent une part des conflits du Grand Kasaï, au point que le vice-Premier ministre de l’Intérieur a installé début octobre une commission chargée des conflits liés au pouvoir coutumier au Kasaï-Central.

Une cité à l’arrêt et un port perturbé

Les quatre jours ont fermé la cité. Écoles closes, marchés déserts, et le port de Kalina fortement perturbé, ce qui touche directement le trafic fluvial.

Ilebo n’est pas un port secondaire. La cité commande la liaison entre la rivière Kasaï et le rail vers le Katanga, et le balisage de la rivière Kasaï lancé en août vise précisément à sécuriser cet axe. Quatre jours de blocage y ont un coût qui dépasse le territoire.

Dix-huit interpellations, et après

Dix-huit jeunes impliqués ont été interpellés par les forces de sécurité. Aucune qualification pénale n’a été communiquée, ni le ressort judiciaire saisi.

C’est là que ce type de dossier se perd d’ordinaire. Une interpellation sans suite judiciaire publique laisse le conflit intact, et la détention préventive absorbe déjà l’essentiel des 44 536 détenus que compte le pays.

Le volet sécuritaire, lui, s’inscrit dans un dispositif annoncé. Le Kasaï est devenu le 2 octobre la quatorzième province couverte par la gouvernance sécuritaire de proximité, six jours avant les affrontements.

Trois morts, et aucun blessé chiffré

Le bilan humain reste partiel. Trois morts sont établis, les blessés sont dits plusieurs sans être dénombrés, et aucune structure de santé n’a communiqué d’admissions.

L’absence de bilan chiffré est la règle dans les violences de ce type, où le décompte dépend d’une administration territoriale sans service statistique.

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B
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