Santé Ebola en RDC : 5 584 cas confirmés et 2 680 décès au 23 août, 70 nouveaux cas en vingt-quatre heures

Ebola en RDC : 5 584 cas confirmés et 2 680 décès au 23 août, 70 nouveaux cas en vingt-quatre heures

Le bulletin de l’INSP arrêté au 23 août et mis en ligne le 25 recense 5 584 cas confirmés et 2 680 décès confirmés, pour une létalité provisoire de 48,0 %. Soixante-dix nouveaux cas en vingt-quatre heures, dont 48 en Ituri.

Personnel médical en combinaison de protection dans un centre de traitement Ebola dans l’est de la RDC.

Ebola en RDC : 5 584 cas confirmés et 2 680 décès au 23 août, 70 nouveaux cas en vingt-quatre heures
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 25 AOÛT 2026 - 20:40 WAT · 5 min de lecture

L’épidémie de maladie à virus Ebola a fait 2 680 décès confirmés pour 5 584 cas confirmés au 23 août, selon le bulletin de l’Institut national de santé publique arrêté à cette date et mis en ligne mardi 25 août. La létalité provisoire s’établit à 48,0 %, un taux mécaniquement tiré vers le haut par les décès dépistés après la mort ; la souche Bundibugyo, à l’origine de cette épidémie, tue historiquement entre 30 et 50 % des malades. Le bulletin dénombre 1 215 guéris et 846 patients en isolement ou en centre de traitement. Le taux de suivi des contacts reste à 83,4 %, sous le seuil de 85 %.

Soixante-dix nouveaux cas ont été confirmés en vingt-quatre heures, dont 16 décès communautaires, c’est-à-dire des personnes mortes hors des structures de soins et dépistées après leur décès. Le cumul des décès confirmés progresse de 38 par rapport au bulletin de la veille. L’Ituri compte 48 des nouveaux cas, le Nord-Kivu 14 et le Haut-Uélé 8. Aucune nouvelle zone de santé n’a été touchée ce jour-là : la carte reste à 57 zones sur 151, dans six provinces, et 246 aires de santé sur 3 104.

Bunia, Rwampara, Nizi : l’Ituri porte 4 655 cas sur 5 584

La province totalise aussi 2 088 décès et 68,6 % des confirmations du jour. Bunia demeure la zone de santé la plus atteinte du pays avec 1 298 cas et 405 décès, devant Rwampara (913 cas) et Nizi (612 cas). Le Nord-Kivu, avec 728 cas et 498 décès, affiche la létalité provisoire la plus élevée des six provinces, 68,4 %, contre 44,9 % en Ituri. Le Haut-Uélé compte 181 cas, la Tshopo 15, le Sud-Kivu 3 et le Bas-Uélé 2.

Le coordinateur principal des Nations unies pour Ebola, Julien Harneis, s’exprimant depuis Bunia lors d’un point de presse à Genève le 21 août, a décrit une riposte distancée par l’épidémie. « Elle s’intensifie et s’étend plus vite que les efforts déployés dans toute la région », a-t-il déclaré. « Le bilan des décès s’alourdit évidemment chaque jour », a-t-il ajouté, précisant que la moitié des décès était survenue au cours des vingt derniers jours.

Le bulletin arrêté au 23 août recense plusieurs blocages : des résistances aux enterrements dignes et sécurisés à Bambu, Nyankunde, Mangala, Aru, Bunia et Tchomia, une équipe de la Croix-Rouge agressée au Haut-Uélé, le laboratoire de Makiso-Kisangani toujours en panne, des intrants de prévention des infections en pré-rupture au Bas-Uélé. Au point de contrôle de Zunguluka, deux corps interceptés n’ont pas pu être prélevés pour des raisons de sécurité.

16 520 doses reçues, aucun vaccin homologué contre cette souche

Le bulletin signale au Nord-Kivu une formation des formateurs provinciaux et des équipes cadres de zones de santé à la vaccination contre la maladie, que le rapport précédent ne mentionnait pas ; aucun nombre de personnes vaccinées n’est publié. Aucun vaccin n’est homologué contre la souche Bundibugyo : l’Ervebo n’est préqualifié par l’Organisation mondiale de la santé que contre la souche Zaïre, et son emploi ici repose sur une hypothèse de protection croisée dont l’efficacité clinique n’est pas établie. 16 520 doses ont été réceptionnées à N’djili le 21 août, sur 50 120 attendues.

Dans la zone de santé de Niania, en Ituri, Radio Okapi rapportait le 25 août, citant des sources médicales non nommées, environ quatre décès par jour dans les localités minières du PK 51, contre une dizaine il y a un mois. Ces sources attribuent la baisse à l’adhésion aux mesures barrières, à la suspension du trafic entre Mambasa et Wamba et au travail des leaders communautaires. Elles comptent 196 cas et 123 décès depuis mai pour l’ensemble de la zone de santé, où Médecins sans frontières construit un centre de traitement. Ces chiffres locaux ne figurent pas dans le bulletin de l’INSP.

À Beni, des représentants du mouvement citoyen, de groupes de pression, de la fédération des scouts et de cyclistes se sont engagés, après une rencontre tenue le week-end dernier, à appuyer les équipes de riposte et à combattre les fausses informations, rapporte Radio Okapi le 25 août. « Nous pensons que ces engagements ramèneront les fruits. Après un moment, un mois, nous devons évaluer, voir l’apport de ces engagements », y déclare Philemon Kambale, président de Risques et Engagements communautaires.

Le vice-Premier ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, a réuni le 24 août les gouverneurs des six provinces touchées, les services de sécurité et la Protection civile pour renforcer la riposte sanitaire et sécuritaire. L’OMS maintient l’urgence de santé publique de portée internationale.

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B
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