Justice Indemnisation des victimes de la guerre de Kisangani : plus de 10 000 bénéficiaires, mais des zones d’ombre persistent
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Indemnisation des victimes de la guerre de Kisangani : plus de 10 000 bénéficiaires, mais des zones d’ombre persistent

Le président de l'assemblée provinciale de la Tshopo Mateus Kanga et Chancard Bolukota, coordinateur de FRIVAO après une audience avec le MinEtat de la Justice, Constant Mutamba
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 9 AVRIL 2025 - 09:15 WAT · 4 min de lecture

Le gouvernement congolais, à travers Frivao (Fonds spécial de réparation et d’indemnisation des victimes des activités armées de l’Ouganda en RDC), a annoncé avoir indemnisé déjà 10 731 victimes de la guerre dite de six jours, qui avait vu les armées ougandaise et rwandaise s’affronter dans la ville “martyre de Kisangani”, chef-lieu de la province de la Tshopo.

Il s’agit d’une première étape d’indemnisation et de réparation des victimes de ce conflit, qui s’est déroulé du 5 au 10 juin 2000. C’est dans ce cadre que le président de l’Assemblée provinciale de la Tshopo, Mateus Kanga Londimo, conjointement avec le coordonnateur a.i de FRIVAO, Chançard Bolukola Osony, ont été reçus par le ministre d’État, ministre de la Justice et garde des Sceaux, Constant Mutamba Tungunga, pour obtenir des éclaircissements sur la suite du processus.

Des fonds pour l’électrification de Kisangani, mais des inquiétudes persistent

Au cours de cette entrevue, les discussions ont également porté sur la traçabilité de l’indemnisation des victimes et d’autres dossiers en lien avec le processus.

« Le premier dossier est l’électrification de Kisangani. Le ministre de la Justice avait annoncé l’allocation d’un fonds de 50 millions USD par FRIVAO à la SNEL pour l’électrification de la ville, et la population s’inquiète pour la suite. Le ministre nous a rassurés que le dossier suivait son cours normal et qu’il n’y avait pas lieu de s’inquiéter », a affirmé Chançard Bolukola.

« Il nous a rassurés aussi pour les 9 millions qui avaient été débloqués par FRIVAO, toujours dans le cadre de l’électrification de la ville de Kisangani. Sur ces 9 millions, plus de 7 millions n’avaient pas encore été utilisés. La population doit rester calme et faire confiance aux autorités, qui travaillent avec la SNEL pour que Kisangani retrouve une électricité stable dans les jours à venir », a-t-il ajouté.

Traçabilité des fonds : l’IGF appelée à la rescousse

Le président de l’Assemblée provinciale de la Tshopo a, par la même occasion, salué l’initiative prise par le ministre d’État en charge de la Justice, qui a sollicité l’intervention de l’Inspecteur général des finances (IGF) afin de contrôler la traçabilité des fonds gérés par FRIVAO.

« Pour assurer la traçabilité de ces fonds, le ministre d’État, ministre de la Justice, a fait appel à l’IGF pour encadrer le processus et s’assurer qu’aucun centime ne soit utilisé autrement que pour l’indemnisation des victimes », a précisé Mateus Kanga.

27 millions de dollars pour les infrastructures : hôpital, stade ou marché ?

Il était également important, selon Mateus Kanga, de dissiper les malentendus autour d’un montant de 27 millions de dollars américains, qui suscite de nombreuses interrogations dans la province. Certains estiment que cette somme, destinée à la construction d’une structure sanitaire dans le cadre de la réparation des victimes, aurait été détournée pour d’autres fins.

« Le ministre de la Justice nous a rassurés que tout est encore dans la phase de conception du projet et que la population devrait être consultée pour déterminer ce qui doit être réalisé dans le cadre du projet collectif : une structure sanitaire, un stade ou encore un marché. Avec le gouverneur de province, nous allons entamer des consultations avec la population pour savoir ce qu’elle souhaite. Mais déjà, nous avons proposé au ministre, au-delà d’un nouvel hôpital dont la population a fortement besoin, que ce fonds puisse aussi servir à la réhabilitation de l’hôpital général de Makiso de Kisangani. De ce fait, la population doit rester calme : rien n’est encore décidé et tout viendra d’elle », a-t-il conclu.

Les victimes appelées à la patience, le processus suit son cours

De son côté, Chançard Bolukola a tenu à rassurer les victimes encore en attente, les exhortant à faire preuve de patience. Il a rappelé qu’il s’agit d’un processus qui suit son cours normal.

Par ailleurs, il a précisé que FRIVAO ne concerne pas uniquement la province de la Tshopo, mais également d’autres provinces de l’ex-grande Orientale démembrée.

Merveilles Kiro

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B
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