Société Ituri : à Irumu, des civils dénoncent un double racket des ADF et de militaires
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Ituri : à Irumu, des civils dénoncent un double racket des ADF et de militaires

Ituri : à Irumu, des civils dénoncent un double racket des ADF et de militaires
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 14 JUILLET 2026 - 16:35 WAT · 3 min de lecture

Les populations du territoire d’Irumu, dans la province de l’Ituri, continuent de faire face à une situation sécuritaire et humanitaire préoccupante. Dans une récente alerte, l’Association pour la promotion des droits des enfants et des femmes vulnérables (APDEF) dénonce des actes d’extorsion visant des civils déjà confrontés aux exactions des rebelles des Allied Democratic Forces (ADF).

Selon cette organisation, les habitants de Mungamba et des localités environnantes sont contraints, depuis mars 2025, d’acheter des « jetons » imposés par les ADF pour accéder à leurs propres champs. L’ONG affirme que ce système de taxation illégale est imposé sous la menace de représailles.

L’APDEF soutient que plusieurs civils trouvés en possession de ces jetons auraient été interpellés cette semaine par des militaires des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC). L’organisation affirme que ces personnes auraient ensuite été contraintes de verser jusqu’à 500 dollars américains pour obtenir leur libération.

« La guerre qui nous est imposée par les ADF est devenue un business pour certains officiers militaires. L’armée ne doit pas profiter d’une période où la population est prise en otage pour augmenter sa souffrance », a déclaré Christophe Munyanderu, coordonnateur de l’APDEF.

L’organisation va plus loin en affirmant que certains militaires impliqués dans le commerce du bois et de la braise dans la région détiendraient eux-mêmes des jetons délivrés par les ADF, ce qui, selon elle, soulève des interrogations sur d’éventuelles complicités.

Face à ces accusations, l’APDEF appelle les autorités militaires de l’Ituri ainsi que le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme (BCNUDH) à ouvrir une enquête indépendante afin d’établir les responsabilités.

De son côté, l’administration militaire du territoire d’Irumu rejette catégoriquement ces allégations.

L’administrateur militaire, le colonel Siro N’simba Bunga, indique, sur la base des rapports du commandant des FARDC de Mungamba, qu’aucune perception d’amende n’a été enregistrée auprès des civils.

L’officier reconnaît toutefois que des habitants sont contraints d’acheter ces jetons auprès des ADF pour accéder à leurs champs, mais affirme qu’aucun paiement ne leur est exigé par les forces loyalistes lors des contrôles.

Le colonel Siro N’simba Bunga a appelé la population à poursuivre sa collaboration avec les FARDC afin de faire face à la menace des groupes armés.

Cette affaire suscite néanmoins de nombreuses réactions au sein de la société civile, où plusieurs acteurs réclament des investigations approfondies afin de faire la lumière sur ces accusations et de renforcer la confiance entre les populations et les forces de sécurité.

Azarias Mokonzi

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