Football Mercato Léopards : Cipenga à Almería, Mbemba libre, l’effet Mondial sur les binationaux
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Mercato Léopards : Cipenga à Almería, Mbemba libre, l’effet Mondial sur les binationaux

Un ailier qui signe en pleine Coupe du monde, un capitaine qui attend la fin du tournoi pour choisir son camp, une diaspora que la RDC n'a plus besoin de supplier. Le premier Mondial des Léopards depuis 1974 a déplacé les lignes du marché des transferts. Analyse de ce que quatre matchs aux États-Unis ont changé pour ceux qui portent le maillot congolais.

Mercato Léopards : Cipenga à Almería, Mbemba libre, l’effet Mondial sur les binationaux
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 9 JUILLET 2026 - 12:18 WAT · 5 min de lecture

Le 25 juin, pendant que les Léopards affûtaient leur entrée dans la Coupe du monde, l’UD Almería officialisait la signature de Brian Cipenga. Le club andalou, troisième de la deuxième division espagnole, présentait sa recrue comme un « mondialiste », auteur d’une grande saison. L’ailier de 28 ans, libre après deux exercices au CD Castellón, s’est engagé jusqu’en 2029, avec une saison en option. Six jours plus tard, à Atlanta, il trompait Jordan Pickford et inscrivait le but congolais face à l’Angleterre. Le contrat, lui, était déjà paraphé.

Le raccourci consisterait à tout créditer au Mondial. La réalité a plus d’épaisseur. Lors de la saison 2025-2026, Cipenga a disputé trente rencontres de championnat, dont vingt-quatre comme titulaire, pour six buts et neuf passes décisives. C’est cette régularité, plus qu’un tournoi qu’il abordait avec sept sélections et aucun but, qui a convaincu Almería. Le Mondial n’a pas fabriqué le transfert. Il a agrandi la vitrine, et il l’a fait au meilleur moment : un joueur passé par six clubs portugais avant de s’imposer en Espagne s’est offert, en une frappe, une notoriété qui dépasse la deuxième division andalouse.

Mbemba, le pari de l’après-tournoi

À l’autre bout de la hiérarchie, Chancel Mbemba incarne le second versant de l’effet Mondial. Le capitaine des Léopards, 31 ans, arrive au terme de son contrat au LOSC Lille, qu’il avait rejoint libre en septembre 2025 et où il a disputé treize matchs de Ligue 1 cette saison. Un défenseur d’expérience, libre de tout engagement, avec une Coupe du monde fraîchement disputée dans les jambes : à ce stade d’une carrière, l’argument pèse dans une négociation. Son entourage a laissé filtrer qu’il choisira sa prochaine destination une fois le tournoi refermé. Les pistes qui circulent, d’un retour en Belgique à un dernier contrat dans le Golfe, restent au stade des supputations de marché tant qu’aucun club n’a communiqué. La donnée sûre est ailleurs : Mbemba négociera son avenir en homme qui vient de jouer, et bien joué, contre l’Angleterre.

L’appel d’air de la diaspora

Le vrai gisement se situe en amont, dans le vivier binational qui a porté la qualification. La règle FIFA de 2020 avait rouvert la porte ; le Mondial a rendu la maison désirable. Depuis un an, des joueurs formés en Belgique ou en France ont préféré la RDC à leur pays de naissance : Aaron Wan-Bissaka, passé par les équipes de jeunes anglaises, Noah Sadiki, Ngal’ayel Mukau, Michel-Ange Balikwisha, le gardien Matthieu Epolo, ou encore Willy Kambwala, titulaire à Villarreal. « Je l’ai fait en mon âme et conscience. Il y a une nouvelle génération qui a envie d’aider les gens du pays », résumait Sadiki au micro de L’Équipe, repris par La Dernière Heure.

Ce mouvement, la fédération ne le laisse plus au hasard. Francis Sadiki, père de Noah et mandaté pour approcher les binationaux, décrit une méthode de conviction, pas de forcing. « On conscientise mais on n’oblige personne », confiait-il au même quotidien belge. Un maillot qui joue la Coupe du monde argumente tout seul : chaque jeune de la diaspora que la Belgique et la RDC se disputent dès l’adolescence a désormais, en face, une sélection qui a foulé la plus grande scène du football.

Ce que le tournoi laisse à reconstruire

Le Mondial ferme aussi des portes. Gaël Kakuta, meneur des Léopards, a annoncé le 4 juillet la fin de sa carrière, à 35 ans, après trente et une sélections. Le mercato des mois à venir n’est donc pas qu’une histoire de plus-values ; c’est un travail de relève, à un poste de créateur que la sélection devra combler. Sébastien Desabre l’a dit sans détour au lendemain de l’élimination : ses joueurs ont « manqué d’expériences sur la fin » du match face à l’Angleterre. L’expérience, précisément, est la denrée qu’un tournoi mondial fait gagner d’un coup, et qu’un marché récompense ensuite.

Reste l’inconnue de tout emballement : les montants. Aucun des clubs concernés n’a communiqué d’indemnité, et les valeurs marchandes qui circulent relèvent des estimations, pas des transactions. Le vrai test viendra à la Coupe d’Afrique 2027, quand il faudra vérifier si la vitrine américaine a produit des cadres installés, ou seulement des étés de rumeurs.

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