Droits humains Accès humanitaire : de 45 à 52 zones de santé dégradées en trois mois

Accès humanitaire : de 45 à 52 zones de santé dégradées en trois mois

La fiche trimestrielle du groupe de travail d'analyse de crises, publiée le 3 septembre par OCHA et REACH, nomme les zones de santé abandonnées du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l'Ituri, recense 177 337 ménages déplacés et 243 incidents contre le personnel humanitaire.

Vue d'ensemble d'un site de déplacés de guerre dans la partie Est de la RDC..
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 3 SEPTEMBRE 2026 - 13:47 WAT · 4 min de lecture

Le nombre de zones de santé où l’accès humanitaire est dégradé est passé de 45 en avril à 52 en juin dans le Nord-Kivu, le Sud-Kivu et l’Ituri. Le chiffre figure dans la fiche trimestrielle du Groupe de travail d’analyse de crises et qualité de réponse, publiée le 3 septembre par OCHA et REACH. « Une dynamique qui confirmait l’aggravation des difficultés d’accès humanitaire », écrit le document.

Un outil qui note les zones de 1 à 5

Le groupe de travail conduit chaque mois une analyse multisectorielle au niveau des zones de santé, à partir des données des clusters, d’OCHA, des organisations non gouvernementales et des autres acteurs humanitaires. Il note chaque zone sur une échelle de gravité de 1 à 5, croisant quatre composantes : le contexte, les besoins, l’accès et les déficits de la réponse. Au-delà de 3, une zone est classée point chaud.

Le décompte des points chauds diverge selon les provinces. Le Nord-Kivu en compte dix en avril, en mai et en juin, sans amélioration. Le Sud-Kivu passe de dix à neuf puis à sept. L’Ituri de sept à huit puis à six. Ces baisses ne traduisent pas nécessairement un mieux : le document met en garde contre une lecture qui conduirait à « une réduction prématurée de la présence ou des interventions humanitaire ».

Dix zones nommées comme prioritaires

La fiche nomme les zones de santé nécessitant une attention prioritaire. Au Nord-Kivu : Katoyi, Itebero, Birambizo et Bambo. Au Sud-Kivu : Kaniola, Minova et Fizi. En Ituri : Boga, Rimba et Lolwa.

Elle nomme séparément celles où le déficit de couverture est le plus critique. Au Nord-Kivu : Birambizo, Itebero, Mabalako, Pinga et Kamango. Au Sud-Kivu : Minova. En Ituri : Boga, Lolwa et Mongbalu. Birambizo affiche encore un score de déficit de 5 en juin, le maximum de l’échelle. À Minova, la couverture est estimée à 20 % en juin, soit huit besoins sur dix non couverts.

177 337 ménages déplacés à la fin du trimestre

À la fin du mois de juin, les trois provinces comptaient environ 177 337 ménages déplacés : 101 262 au Sud-Kivu, 50 897 au Nord-Kivu et 25 178 en Ituri. Le mois de juin seul a produit 16 137 nouveaux ménages déplacés au Sud-Kivu et 10 568 au Nord-Kivu. En Ituri, 4 450 ménages ont été déplacés et 6 916 sont rentrés.

Le détail par zone donne l’échelle : plus de 65 000 personnes déplacées à Katoyi, plus de 82 000 à Minova en juin, 20 700 à Itebero, plus de 37 000 à Bambo en mai, plus de 16 000 à Birambizo. Le document note que les retours ne signifient pas la fin de la crise, les ménages retrouvant « des habitations détruites, des infrastructures endommagées et des moyens d’existence fortement réduits ».

243 incidents contre le personnel humanitaire en six mois

Entre janvier et juin 2026, 243 incidents ont affecté le personnel humanitaire, les plus meurtriers étant concentrés dans ces trois provinces. Le mois d’avril en avait enregistré 29, en baisse de 12,1 % sur le mois précédent, mais la nature des faits a changé ensuite : entre avril et mai, les incidents affectant les opérations ont progressé de 28 %, et ceux liés aux intimidations, menaces et agressions de 51 %. Lulingu, Katoyi et Minova sont citées comme des lieux d’incidents directs.

Aux entraves armées s’ajoutent des entraves sanitaires. Le document cite la suspension de certains vols humanitaires, le renforcement des contrôles sanitaires des mouvements et la fermeture de certaines frontières internationales avec les pays voisins. La dix-septième épidémie de maladie à virus Ebola, déclarée le 15 mai, touchait 22 zones de santé au 30 mai et 29 au 10 juin.

La conclusion du document tient en une phrase : « le décalage entre les besoins et les capacités de réponse restait ainsi structurel dans plusieurs zones ». Quelques améliorations d’accès sont relevées à Kaniola, Fizi, Lulingu, Bambo et Lolwa, mais elles restaient fragiles et « ne traduisaient pas une amélioration structurelle de l’environnement humanitaire ».

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