Ituri : la société civile de Mambasa dénonce la « passivité » des FARDC face aux attaques des ADF

Ituri : la société civile de Mambasa dénonce la « passivité » des FARDC face aux attaques des ADF
AFP
La société civile du territoire de Mambasa, en province de l’Ituri, a exprimé son indignation ce vendredi 31 juillet 2026. Elle dénonce l’inaction et le manque d’offensives des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) face aux massacres perpétrés par les combattants des Forces démocratiques alliées (ADF).
Le territoire de Mambasa est devenu l’un des principaux foyers de violences armées dans la province. Face à cette crise sécuritaire et humanitaire, la population locale ne cache plus sa profonde déception à l’égard des forces loyalistes.
Dans une déclaration consultée ce vendredi par BETO.CD, l’activiste des droits humains Rams Malikidogo a dénoncé l’absence d’opérations offensives contre les insurgés.
Selon lui, la chefferie de Babila-Babombi est la cible d’attaques répétées depuis le mois de mai dernier, sans qu’aucune contre-offensive d’envergure ne soit engagée.
«La population est très déçue de la passivité de notre armée. Depuis les attaques de mai dernier, la chefferie de Babila-Babombi est secouée par les ADF, mais aucune offensive des FARDC n’a été menée jusqu’à présent. La population s’interroge sur ce qui bloque les opérations militaires », a déclaré le défenseur des droits humains.
Rams Malikidogo regrette que l’armée adopte une posture essentiellement réactive, se limitant à repousser les attaques au lieu de traquer les assaillants dans leurs bastions.
« Au lieu de prévenir les attaques et d’anticiper les dégâts, on ne fait que réagir aux conséquences. Malheureusement, les actions s’arrêtent là, alors qu’il faudrait lancer des offensives pour neutraliser les ADF. Pourtant, ils sont localisables et visibles ; ce ne sont pas des monstres », a-t-il insisté.
Au-delà des questions d’ordre militaire, la société civile dénonce également des dérives au sein du commandement local. Elle accuse certains officiers de privilégier leurs intérêts économiques au détriment de leur mission de protection des populations, notamment à travers l’exploitation minière clandestine, particulièrement lucrative dans cette partie de l’Ituri.
«Certains font de la guerre un fonds de commerce. Au lieu de se consacrer aux opérations militaires, ils se concentrent sur le business », a déploré Rams Malikidogo.
La société civile rappelle toutefois que la responsabilité est également partagée. Elle évoque l’existence de « brebis galeuses » au sein de la population, accusant certains civils de collaborer avec les ADF pour des intérêts financiers ou par trahison.
Face à cette situation, les forces vives de Mambasa demandent aux autorités militaires de l’état de siège de relever les éléments jugés passifs, d’ouvrir des enquêtes sur les officiers soupçonnés d’activités illicites et de lancer sans délai des opérations offensives afin de reprendre le contrôle de la chefferie de Babila-Babombi.
Azarias Mokonzi
Kasaï-Central : le gouvernement provincial ordonne la suppression des barrières illégales
RDC : l’association « Voix de la Presse » lance officiellement ses activités à Kinshasa