Sécurité & Défense Un an après l’accord de Washington, le processus de paix patine dans l’est de la RDC

Un an après l’accord de Washington, le processus de paix patine dans l’est de la RDC

Douze mois après le texte signé entre Kinshasa et Kigali, les armes n'ont pas cessé. L'AFC/M23 tient deux fronts, le retrait rwandais promis n'a pas eu lieu, et les médiateurs américain et qatari peinent à transformer leurs accords en paix sur le terrain.

La RDC et le Rwanda ont signé jeudi l’accord de paix sous l’égide de Washington | ©️ Présidence RDC via X
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 1 JUILLET 2026 - 00:33 WAT · 3 min de lecture

KINSHASA. L’accord de Washington a un an, et la guerre continue. Signé le 27 juin 2025 entre la République démocratique du Congo et le Rwanda, le texte prévoyait le retrait des troupes rwandaises de l’est congolais sous quatre-vingt-dix jours et la fin du soutien de Kinshasa aux Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR). Un an plus tard, aucune de ces deux échéances n’a été tenue.

Sur le terrain, l’Alliance Fleuve Congo et sa branche armée, le M23, tiennent deux fronts. Au Nord-Kivu, ils poussent vers Lubero, Masisi et Walikale, et conservent la cité minière de Rubaya. Au Sud-Kivu, ils visent Uvira et les hauts plateaux, où les FARDC, appuyées par les Wazalendo et l’armée burundaise, leur disputent le terrain. Devant le Conseil de sécurité, le 26 juin, le chef de la MONUSCO James Swan a cité Rubaya, Rutshuru et les hauts plateaux autour de Minembwe parmi les principaux foyers de tension, avec un recours croissant aux drones et à l’artillerie.

La paix, elle, se négocie sur deux tables. La première, à Washington, lie Kinshasa et Kigali sous médiation américaine. La seconde, à Doha, réunit le gouvernement congolais et l’AFC/M23, qui n’avait pas signé l’accord de Washington, sous médiation qatarie. Un an de discussions n’a pas fait taire les armes.

Washington hausse le ton. Le 25 juin, les États-Unis ont réclamé le retrait « sans plus tarder » des forces rwandaises. Devant le Conseil de sécurité, leur conseiller pour l’Afrique, Massad Boulos, a appelé les belligérants à renoncer à l’option militaire. « Notre message aux partis est clair, cesser cette quête d’une solution militaire à ce conflit, une quête trop dangereuse, et respecter le cadre convenu pour la paix », a-t-il déclaré.

La pression passe aussi par les sanctions. Après avoir visé l’armée rwandaise en mars, Washington a annoncé de nouvelles mesures. « Et hier, nous avons mis sous sanction un réseau travaillant en coordination avec les M23 afin de faire sortir illégalement des minerais », a indiqué Massad Boulos, désignant un trafic vers le Rwanda. Le pillage des ressources, à commencer par le coltan de Rubaya, reste au cœur de la guerre.

L’écart entre les textes et le terrain tient à un point. Aucun mécanisme n’a contraint le retrait rwandais ni le cantonnement du M23. Les discussions de Doha n’ont pas mis fin aux combats, et l’AFC/M23 a installé des administrations parallèles dans les villes qu’il contrôle, signe d’une occupation qui s’installe dans la durée.

Un an après Washington, le processus de paix patine. La diplomatie a multiplié les cadres sans déplacer la ligne de front. Des hauts plateaux du Sud-Kivu à la cité minière de Rubaya, ce sont toujours les armes qui la dessinent.

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B
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