En clair RDC : le dialogue est-il en train de rallier progressivement la classe politique ?
En clair

RDC : le dialogue est-il en train de rallier progressivement la classe politique ?

Après les Églises, plusieurs formations politiques rejoignent progressivement l’initiative de dialogue national portée par Félix Tshisekedi. Si cette dynamique renforce la légitimité du projet, elle ne garantit pas encore la participation des principales forces de l’opposition.

RDC : le dialogue est-il en train de rallier progressivement la classe politique ?
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 25 JUILLET 2026 - 12:35 WAT · 3 min de lecture

Le dialogue national voulu par le président Félix Tshisekedi continue de gagner des soutiens au sein de la classe politique congolaise. Dernier en date, le parti Engagement pour le Congo (ECO) de Jean-Claude Masangu Mulongo a officiellement apporté son appui à cette initiative, qu’il présente comme une occasion de renforcer la paix, la cohésion nationale et l’unité face à la crise sécuritaire dans l’Est du pays. Dans une déclaration politique, cette formation estime que les futures assises doivent déboucher sur des mesures concrètes, notamment la création d’un front national contre l’agression rwandaise.

Ce ralliement n’est pas un cas isolé. Depuis l’annonce du dialogue, plusieurs organisations politiques et citoyennes favorables à la majorité présidentielle ou proches du pouvoir ont exprimé leur adhésion au processus. Les consultations menées par la CENCO et l’ECC ont également permis d’apaiser le climat politique, conduisant notamment la Coalition Article 64 (C64) à reporter la marche qu’elle prévoyait le 22 juillet afin de laisser une chance à la médiation.

Une adhésion qui renforce la crédibilité du processus

Pour le pouvoir, ces soutiens successifs constituent un signal positif. Ils montrent que l’idée d’un dialogue dépasse progressivement le cercle présidentiel et commence à rassembler des acteurs politiques autour d’un objectif commun : trouver une réponse consensuelle à la guerre dans l’Est, aux tensions politiques et aux difficultés économiques. Plus le nombre de participants potentiels augmente, plus les futures conclusions pourront revendiquer une légitimité nationale.

Le soutien du parti ECO présente une portée symbolique particulière. Son président, Jean-Claude Masangu Mulongo, ancien gouverneur de la Banque centrale du Congo, est une personnalité reconnue dans les milieux politiques et économiques. En présentant le dialogue comme un instrument de mobilisation nationale plutôt que comme un espace de confrontation, son parti cherche à recentrer les débats sur la défense de la souveraineté nationale et le rétablissement de l’autorité de l’État.

L’opposition demeure le véritable test

Malgré cette dynamique, le dialogue n’a pas encore convaincu les principales figures de l’opposition. La Coalition Article 64 continue d’exiger des garanties sur l’inclusivité du processus, les mesures de décrispation politique et, surtout, le renoncement à toute réforme constitutionnelle avant l’ouverture des discussions. Elle a fixé au chef de l’État un délai courant jusqu’au 15 août pour convoquer officiellement les assises, faute de quoi elle menace de reprendre les actions citoyennes.

C’est précisément sur ce terrain que se jouera la réussite du dialogue. Un processus soutenu essentiellement par les partis proches de la majorité risquerait d’être perçu comme une simple consolidation politique du pouvoir. À l’inverse, la participation de la C64, d’autres formations de l’opposition, de la société civile et des confessions religieuses donnerait au dialogue une dimension véritablement nationale.

La multiplication des soutiens politiques montre ainsi que le dialogue national entre dans une nouvelle phase. L’enjeu n’est plus seulement de convaincre les alliés du pouvoir, mais de bâtir un cadre suffisamment crédible pour attirer les acteurs les plus critiques. C’est de cette capacité à transformer des soutiens partiels en véritable consensus que dépendra la portée historique des futures assises.

Odon Bakumba

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