Politique Kinshasa : le gouvernement déjoue une tentative de spoliation de la pépinière de Bandalungwa
Politique

Kinshasa : le gouvernement déjoue une tentative de spoliation de la pépinière de Bandalungwa

Ministre des Affaires foncières Acacias Bandubola. PHOTO DROITS TIERS.
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 7 JUILLET 2025 - 08:09 WAT · 4 min de lecture

Le gouvernement congolais, par l’entremise du ministère des Affaires foncières, a mis en échec une tentative de spoliation visant l’extension de la pépinière située dans la commune de Bandalungwa, à Kinshasa. L’affaire a été portée à l’attention du Conseil des ministres lors de sa 50ᵉ réunion ordinaire, tenue le vendredi 4 juillet 2025 à la Cité de l’Union Africaine, sous la présidence de Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.

Cette parcelle stratégique de 5 hectares, 43 ares, 12 centiares et 30 centimes, servant d’espace à vocation horticole, environnementale et éducative, fait depuis longtemps partie du patrimoine de l’État congolais, géré par ses services techniques compétents. Mais récemment, elle a été la cible d’une opération de spoliation orchestrée par des individus malintentionnés.

Selon la Ministre d’État en charge des Affaires foncières, une prétendue succession se revendiquant du nom de « ALUNGWA BOFOSAN’KEMAPIUS » a tenté de s’approprier le site à travers la production de faux documents fonciers. Cette manœuvre a été appuyée par une société dénommée CIM, soupçonnée d’avoir cherché à contourner les procédures légales pour s’emparer illégalement du terrain.

L’opération aurait également bénéficié de complicités locales, mettant une nouvelle fois en lumière les vulnérabilités du secteur foncier congolais, en proie à la corruption, aux pressions immobilières et à une faible protection du patrimoine public.

Grâce à l’intervention rapide du ministère, des investigations ont été menées à temps, permettant de faire échouer cette tentative de spoliation. Le site a été sécurisé et son statut de propriété de l’État réaffirmé.

«Grâce à l’intervention rapide du ministère des Affaires foncières, l’espace concerné a été préservé et maintenu sous la gestion de l’État. Cette action s’inscrit dans une dynamique plus large de protection du patrimoine foncier public et de renforcement des mécanismes de gouvernance foncière », a déclaré le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, lors de la lecture du compte rendu du Conseil.

La Ministre d’État a souligné que cette démarche s’inscrit dans la vision du Président de la République, qui prône une protection accrue du patrimoine foncier public face aux tentatives de prédation.

Lors de son intervention, la Ministre d’État a également attiré l’attention du Conseil sur d’autres cas préoccupants, notamment les tensions foncières persistantes autour du Domaine Agro-Industriel de la Nsele, du Parc Présidentiel de la Nsele (géré par l’ICCN), et du Site Touristique de la Nsele.

Ces zones sont affectées par des occupations illégales, des revendications conflictuelles, ainsi que des chevauchements de titres de propriété, compromettant la sécurité foncière et le bon fonctionnement des institutions impliquées.

La Ministre a recommandé la clarification urgente des limites entre les entités concernées, ainsi que la mise en place de mécanismes juridiques solides pour assurer la stabilité des titres et la protection des intérêts publics. Elle a également plaidé pour une approche inclusive, prenant en compte les réalités sociales des occupants tout en garantissant le respect de l’autorité de l’État.

À l’issue des échanges, le Conseil des ministres a pris acte de la communication et apporté son soutien aux mesures proposées. L’objectif est clair : mettre fin aux litiges fonciers récurrents, protéger les domaines publics et restaurer l’autorité de l’État sur les espaces à haute valeur stratégique, écologique et économique.

C. Timothée ÉZÉCHIEL

Commentaires
B
Cet article respecte les principes de transparence éditoriale de BETO. En savoir plus ›
Et aussi…