Droits humains Kinshasa : le gouvernement maintient l’interdiction des manifestations dans la Gombe, « zone neutre »

Kinshasa : le gouvernement maintient l’interdiction des manifestations dans la Gombe, « zone neutre »

À deux semaines d'une marche annoncée par la Coalition Article 64 vers le Palais présidentiel, le ministre des Droits humains a rappelé que la commune de la Gombe reste fermée aux rassemblements.

Le vice-ministre de la Justice et contentieux international, Me Samuel Mbemba Kabuya.
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 25 JUIN 2026 - 22:23 WAT · 2 min de lecture

Mercredi 24 juin 2026, à Kinshasa, le ministre des Droits humains Samuel Mbemba s’est avancé devant la presse au sortir d’une réunion qui rassemblait des représentants de la majorité, de l’opposition et de la société civile. Son message tenait en une ligne : la commune de la Gombe, cœur administratif et diplomatique de la capitale, demeure une « zone neutre » où les manifestations restent proscrites.

La mise au point ne tombe pas par hasard. La Coalition Article 64 (C64), qui réclame le départ du chef de l’État, a appelé à une marche pacifique sur l’ensemble du territoire le 8 juillet 2026, avec pour point de chute ce même Palais présidentiel, situé dans la Gombe.

Devant les journalistes, le ministre a d’abord posé le principe. « Le Gouvernement garantit la liberté d’expression mais celle-ci ne doit pas être synonyme d’injures. Nous avons confirmé que la liberté de manifestation selon les textes est aussi garantie. Partant de cela, tout est mis en œuvre s’il y a des manifestations pour autant que celles-ci soient réellement pacifiques, ces manifestations seront encadrées », a déclaré Samuel Mbemba.

Puis il a tracé la limite. La Gombe a été classée zone neutre pour des raisons de sécurité, a-t-il rappelé, avant d’en tirer la conséquence : « les manifestations à organiser ne doivent être des actes de provocation parce qu’aller dans une zone déclarée neutre depuis longtemps équivaut à une provocation ».

La commune n’en est pas à sa première fermeture. Le 10 juillet 2024, la Police nationale congolaise (PNC) avait interdit les manifestations publiques dans la Gombe, mesure présentée comme un moyen de contenir l’insécurité dans la capitale. Les autorités avaient renouvelé ce rappel après les manifestations violentes du 28 janvier 2025, dirigées contre plusieurs missions diplomatiques étrangères.

Reste la date du 8 juillet. Entre une liberté de manifester réaffirmée sur le papier et une commune verrouillée dans les faits, l’appel de la C64 place le gouvernement et l’opposition sur une ligne étroite, à l’endroit précis où l’État garde ses symboles.

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