Le président en exercice de l'Union africaine arrive à Kinshasa le 20 août avec ce que les Congolais lui ont dit à Bujumbura. Cinq semaines après l'annonce du dialogue, l'ordonnance de convocation n'existe toujours pas.
Le rappeur devenu porte-parole de Martin Fayulu qualifiait son engagement de « moindre mal ». Ce que sa prise de distance dit du prix que l'opposition congolaise fait payer aux voix qu'elle recrute.
Martin Fayulu affirme depuis Paris que Joseph Kabila et Corneille Nangaa sont parties prenantes du dialogue national. Kinshasa s'y oppose. Le désaccord ne porte plus sur une date mais sur une liste.
Recentrer le dialogue sur la guerre, ou y traiter aussi la Constitution : deux ordres du jour s’affrontent à dix jours de l’échéance du 15 août. La contribution de Léonard She Okitundu hiérarchise plutôt qu’elle n’exclut, et un arrêt de la Cour rend l’arbitrage moins libre qu’il n’y paraît.
Un dialogue a été annoncé, mais son ordre du jour n'est pas écrit. Ce que chaque acteur veut y mettre : Constitution, prisonniers politiques, guerre à l'Est, place de l'AFC/M23. État des lieux des positions et des revendications.
La Coalition Article 64 maintient sa marche du 22 juillet et lie sa participation au dialogue à trois conditions : abandon du projet de révision constitutionnelle, décrispation politique, actions concrètes à l'Est. « On ne construit pas un dialogue sous la répression », résume Jean-Marc Kabund.
ACO, PPRD, société civile : les réactions à la décision de Félix Tshisekedi d'ouvrir un dialogue inclusif se multiplient, entre soutien affiché et appels à la prudence sur les modalités. L'opposition C64, elle, maintient sa condition du 9 juillet.
Entre le 29 juin et le 17 juillet, dix-huit jours ont passé et un verbe a changé. Dans son adresse à la Nation, Félix Tshisekedi avertissait que « le dialogue ne peut être détourné de son sens » et « ne saurait devenir un instrument de pression, de contournement des institutions ou de remise en cause de la volonté du peuple ». Il conditionnait alors toute discussion au retour de la paix à l'Est et posait que le recours aux armes n'ouvre aucun droit à la négociation. Vendredi, à la sortie d'une audience, le cardinal Fridolin Ambongo a annoncé que le chef de l'État avait « levé l'option d'engager notre pays dans un dialogue entre fils et filles du Congo, un dialogue inclusif ». Ce n'est plus une mise en garde, c'est une décision. Elle reste, dans la même phrase, subordonnée à des conditions qui se préciseront « chemin faisant ».
Derrière un front uni contre la révision constitutionnelle, l'opposition congolaise avance en ordre dispersé. Ce que le dialogue et la marche du 22 juillet révèlent de ses calculs : l'urne pour Fayulu, la présidentielle pour Katumbi, la survie judiciaire pour le camp Kabila.
Après avoir annoncé le dialogue inclusif, le cardinal Fridolin Ambongo a lancé un appel qui n'épargne aucun camp : « c'est à nous tous, ceux qui sont au pouvoir tout comme ceux qui sont dans l'opposition, de s'inscrire dans cette dynamique. »