Climat et environnement La RDC ouvre 52 nouveaux blocs pétroliers à l’exploration dans la Cuvette centrale

La RDC ouvre 52 nouveaux blocs pétroliers à l’exploration dans la Cuvette centrale

Plateforme pétrolière offshore de Perenco au large de Muanda, à l’extrémité sud-ouest de la RDC, en octobre 2021. © ALEXIS HUGUET/AFP
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 5 MAI 2025 - 13:53 WAT · 3 min de lecture

Le Ministre des Hydrocarbures Aimé Sakombi a, lors de la dernière réunion du Conseil gouvernemental, annoncé l’ouverture de 52 nouveaux blocs pétroliers à l’exploration dans le bassin sédimentaire de la Cuvette Centrale, portant ainsi à 55 le nombre total de blocs disponibles dans cette région, y compris les trois précédemment attribués à la société CoMiCo (Mbandaka, Lokoro et Busira).

Ce découpage, précise le ministre, a été réalisé en collaboration avec le ministère de l’Environnement, en veillant à respecter les limites des aires protégées, répondant ainsi aux préoccupations des ONG et de la société civile œuvrant dans le domaine de l’environnement.

Cette initiative s’inscrit dans la stratégie du Gouvernement visant à valoriser le potentiel énergétique du pays et à renforcer l’attractivité du secteur des hydrocarbures, conformément au Programme d’Actions du Gouvernement. Aimé Sakombi a également évoqué des mesures prises pour relancer les activités dans l’amont pétrolier, bien que les détails n’aient pas été divulgués lors de cette séance.

Un contexte d’échecs passés et de méfiance persistante

Cependant, cette annonce intervient dans un contexte marqué par des défis persistants. En octobre 2024, le gouvernement congolais avait annulé un précédent appel d’offres portant sur 27 blocs pétroliers en raison de l’absence de candidatures, d’offres non recevables et d’un défaut de concurrence. Les experts ont attribué ce manque d’intérêt à un cadre juridique flou, à des données géologiques obsolètes et à des préoccupations environnementales, notamment la localisation de certains blocs dans des zones écologiquement sensibles comme la Cuvette Centrale et le Parc national des Virunga .

Les organisations de défense de l’environnement, telles que Greenpeace Afrique, ont exprimé leurs inquiétudes concernant l’impact potentiel de l’exploitation pétrolière sur la biodiversité et le climat. Elles ont notamment souligné que les tourbières de la Cuvette Centrale stockent environ 30 gigatonnes de carbone, et que leur perturbation pourrait avoir des conséquences climatiques significatives.

Entre espoirs économiques et risques environnementaux

Par ailleurs, la coalition « Le Congo n’est pas à vendre » a mis en garde contre les risques d’endettement liés à des contrats pétroliers opaques, rappelant que la RDC a déjà perdu plus de 900 millions USD en raison de litiges et d’accords mal négociés dans le secteur des hydrocarbures .

Malgré ces préoccupations, le gouvernement congolais semble déterminé à poursuivre l’exploitation de ses ressources pétrolières, en mettant en avant la nécessité de développer l’économie nationale et de réduire la dépendance énergétique. La ministre de l’Environnement, Eve Bazaiba, a déclaré que seuls 6 des 27 blocs pétroliers précédemment proposés pourraient représenter des menaces pour l’environnement, et que l’exploitation des autres est envisagée .

Alors que la RDC cherche à équilibrer développement économique et préservation de l’environnement, la transparence et la consultation des parties prenantes seront essentielles pour garantir une exploitation responsable de ses ressources naturelles.

Odon Bakumba

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