Politique Le M23 et l’AFC cherchent à s’allier avec les ADF
Politique

Le M23 et l’AFC cherchent à s’allier avec les ADF

Le M23 et l’AFC cherchent à s’allier avec les ADF
AFP

Litsani Choukran
Kinshasa - 9 JANVIER 2025 - 13:48 WAT · 3 min de lecture

Selon le dernier rapport à mi-parcours du Groupe d’experts des Nations Unies sur la République Démocratique du Congo, des échanges auraient eu lieu entre la coalition AFC-M23 et les Forces démocratiques alliées (ADF) dans le but de conclure un pacte de non-agression. Ces informations ont été recueillies à la suite de plusieurs entretiens menés par les experts onusiens avec des sources proches des réseaux armés actifs dans l’est du pays.

Durant l’année 2024, des rumeurs ont circulé concernant des contacts entre les ADF, un groupe armé d’obédience islamiste, et l’Alliance Fleuve Congo (AFC), une coalition regroupant l’ex-M23 et d’autres factions armées. Ces spéculations se sont intensifiées à mesure que la coalition progressait dans le territoire de Lubero, malgré les démentis répétés des dirigeants de l’AFC.

Contacts avérés à Kampala

Le rapport onusien, examiné par le Conseil de sécurité le 27 décembre dernier, mentionne que des échanges concrets ont été rapportés entre des représentants des ADF et des membres des réseaux affiliés à l’AFC-M23. En mars 2024, un ancien membre de ces réseaux a révélé aux experts onusiens, selon les informations obtenues par BETO, avoir rencontré un collaborateur de Corneille Nangaa à Kampala, avant de s’entretenir directement avec ce dernier. Les discussions auraient porté sur une coopération visant à permettre un passage sécurisé dans les zones contrôlées par les ADF, une information cruciale pour comprendre les dynamiques de sécurité dans la région.

Les sources onusiennes rapportées par BETO indiquent que l’objectif de cette collaboration était d’assurer un passage sans encombre pour les recrues de l’AFC-M23 transitant depuis l’Ituri. En contrepartie, l’AFC-M23 aurait demandé aux ADF de réduire leurs attaques contre les positions des Forces armées de la République Démocratique du Congo (FARDC).

Refus de Baluku

Cependant, le rapport souligne que les négociations n’ont pas abouti. Seka Musa Baluku, le leader des ADF, aurait rejeté la proposition de la coalition AFC-M23, se montrant méfiant à l’égard de ces derniers. Lors d’un rassemblement, Baluku aurait affirmé qu’il n’était pas intéressé par une quelconque alliance avec le groupe et qu’il comptait poursuivre ses attaques contre les civils qu’il qualifie d’« infidèles ».

Malgré ce refus, les interactions entre groupes armés rapportées par BETO montrent que ces négociations, bien que souvent infructueuses, illustrent la complexité des dynamiques locales dans un contexte de conflits persistants. La recherche de pactes de non-agression reste une stratégie courante parmi les factions opérant dans l’est de la RDC.

Ces révélations interviennent alors que la situation sécuritaire reste préoccupante dans le Nord-Kivu et l’Ituri. Les groupes armés continuent d’exercer une influence significative sur plusieurs territoires, rendant difficile le retour de l’autorité de l’État. La coopération entre certains groupes armés et les communautés locales, souvent motivée par des besoins économiques et sécuritaires, complique davantage la recherche de solutions durables.

Les Forces démocratiques alliées (ADF) sont un groupe armé d’origine ougandaise, actif dans l’est de la RDC depuis plusieurs décennies. Accusés de nombreuses exactions contre les civils, les ADF sont également liés à des attaques terroristes dans la région, notamment sous l’influence de leur chef Seka Musa Baluku.

À propos de l'auteur
Litsani Choukran
Litsani Choukran
Commentaires
B
Cet article respecte les principes de transparence éditoriale de BETO. En savoir plus ›
Et aussi…