Les États‑Unis dénoncent les actions du Rwanda dans l’est de la RDC qui «constituent violation flagrante » des accords de Washington
Les États‑Unis dénoncent les actions du Rwanda dans l’est de la RDC qui «constituent violation flagrante » des accords de Washington
AFP
« Les actions du Rwanda dans l’est de la RDC constituent une violation flagrante des accords de Washington signés par le président Trump, et les États‑Unis prendront des mesures pour garantir le respect des promesses faites au président », a écrit le chef de la diplomatie américaine sans détailler pour l’instant la nature exacte des mesures envisagées.
Les Accords de Washington pour la paix et la prospérité, signés le 4 décembre 2025 à Washington entre les présidents congolais Félix Tshisekedi et rwandais Paul Kagame, sous la médiation des États‑Unis, visaient à mettre fin à des décennies de conflit dans l’est de la RDC.
Toutefois, les derniers développements montrent que les combats se sont intensifiés plutôt que calmés, avec notamment la prise de la ville stratégique d’Uvira par le groupe armé M23, soutenu – selon Washington et Kinshasa – par Kigali. Cette avancée rebelle a secoué la région et ravivé les craintes d’une guerre régionale.
Les autorités américaines, relayées par leur ambassadeur auprès des Nations unies, Mike Waltz, ont accusé le Rwanda de fournir un soutien militaire direct au M23, y compris des logistiques, armes lourdes et formation de troupes, ainsi que la présence de milliers de soldats rwandais aux côtés des rebelles dans l’est congolais.
Rubio et d’autres responsables américains ont exprimé leur inquiétude croissante face à l’escalade de la violence, alors même que l’accord de paix récemment signé obligeait les parties à cesser tout soutien aux groupes armés.
La progression du M23 dans le Sud‑Kivu et la chute d’Uvira ont entraîné un déplacement massif de populations et une aggravation de la situation humanitaire dans l’est de la RDC, déjà fortement éprouvé par des décennies de conflit. Des voix internationales, dont celles d’experts de l’ONU, ont averti que la reprise des hostilités pouvait déboucher sur une crise plus large impliquant plusieurs États de la région.
Aux États‑Unis, la majorité républicaine de la Commission des affaires étrangères de la Chambre des représentants a également appelé Kigali à respecter entièrement les engagements pris à Washington, soulignant que ces engagements ne sont pas optionnels et doivent être appliqués.
L’accord de paix de Washington, présenté comme un tournant inédit dans la longue crise est‑congolaise, avait suscité un certain optimisme à Kinshasa et à Kigali, ainsi qu’auprès de la communauté internationale. Les autorités congolaises y voyaient un potentiel de stabilité, tandis que l’administration américaine affichait sa volonté de jouer un rôle central dans la paix et la sécurité en Afrique centrale.
Cependant, la récente reprise des combats et les accusations croissantes de violation des engagements montrent combien la mise en œuvre de cet accord reste fragile et difficile à garantir sur le terrain.
Gilbert N.
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