Santé Ebola en RDC : 1 708 cas confirmés et 580 décès au 6 juillet, l’épidémie atteint la zone de Boga

Ebola en RDC : 1 708 cas confirmés et 580 décès au 6 juillet, l’épidémie atteint la zone de Boga

Le dernier point des autorités sanitaires, arrêté au 6 juillet, recense 1 708 cas confirmés et 580 décès. L'épidémie de fièvre Bundibugyo gagne la zone de santé de Boga, en Ituri, tandis que 280 patients ont guéri.

Centre de traitement Ebola en Ituri, dans l'est de la RDC.

Ebola en RDC : 1 708 cas confirmés et 580 décès au 6 juillet, l’épidémie atteint la zone de Boga
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 8 JUILLET 2026 - 12:09 WAT · 3 min de lecture

BUNIA. L’épidémie de maladie à virus Ebola qui frappe l’est de la République démocratique du Congo a franchi une nouvelle limite géographique. Le point de situation arrêté au 6 juillet par les autorités sanitaires fait état de 1 708 cas confirmés et 580 décès. La zone de santé de Boga, en Ituri, figure désormais sur la carte de la riposte, qui s’étend déjà sur l’Ituri, le Nord-Kivu et le Sud-Kivu.

À ce stade, la létalité officielle avoisine 34 % des cas confirmés. Les autorités comptabilisent aussi 280 guérisons et 680 patients en cours de prise en charge. Le taux de suivi des personnes ayant été en contact avec un malade s’établit à 75,2 %. L’Organisation mondiale de la santé, qui valide ses données avec un décalage, recensait mardi 1 561 cas et 506 décès, pour une létalité de 32,4 %, et plus de 10 000 contacts placés sous surveillance.

Sur le terrain, les structures de soins fonctionnent au-delà de leurs capacités. « Les centres de traitement sont arrivés à saturation », a alerté Anne Ancia, représentante de l’OMS en RDC, depuis Bunia, chef-lieu de l’Ituri. La responsable pointe aussi un goulot logistique. « Aujourd’hui, nous ne disposons pas d’un nombre suffisant d’ambulances », a-t-elle averti, jugeant impossible de couvrir tous les besoins de la seule province de l’Ituri. Sur la trajectoire de l’épidémie, elle reste prudente : « Nous aimerions pouvoir dire que la situation se stabilise, mais, franchement, nous ne pouvons pas encore l’affirmer. »

La flambée, déclarée le 15 mai et classée urgence de santé publique de portée internationale par l’OMS deux jours plus tard, est due à la souche Bundibugyo du virus. Aucun vaccin ni traitement n’est homologué contre cette souche, le vaccin Ervebo ne protégeant que contre la souche Zaïre. Faute d’arme préventive, la riposte repose sur le dépistage, le traçage des contacts et les soins de soutien. Un essai clinique lancé le 2 juillet évalue deux molécules, l’anticorps monoclonal MBP134 et l’antiviral remdesivir. « Ces médicaments seront administrés seuls ou en association afin d’évaluer leur capacité à améliorer les chances de survie des personnes atteintes par le virus Ebola de la souche Bundibugyo », a expliqué Mme Ancia. Plus de 1 200 doses sont déjà disponibles. En parallèle, l’ouverture de dix laboratoires a porté la capacité de dépistage d’une trentaine de tests par jour à Kinshasa à plus de 2 000 analyses quotidiennes.

Cette bataille sanitaire se joue sur fond de guerre. Dans l’est du pays, les affrontements entre l’armée congolaise et l’Alliance Fleuve Congo/Mouvement du 23 mars, soutenue selon les Nations unies par des forces rwandaises, ce que Kigali dément, bouleversent les déplacements de population et compliquent chaque intervention. Certaines localités restent difficiles d’accès. Tant que les chaînes de transmission ne sont pas entièrement reconstituées, prévient l’OMS, chaque cas non détecté peut relancer la propagation.

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B
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