Nord-Kivu : des vies fauchées à Goma, la population exposée à la violence rebelle
Nord-Kivu : des vies fauchées à Goma, la population exposée à la violence rebelle
AFP
Alors que contrôlée par les rebelles de l’AFC-M23, la ville de Goma fait face à une situation d’insécurité croissante caractérisée par des meurtres et assassinats, depuis plusieurs jours maintenant. En un temps record d’occupation, plusieurs congolais ont déjà perdu la vie dans des circonstances confuses et de manière tragique.
Dans une période de 3 jours seulement, au-moins 5 personnes ont été tuées dans différents quartiers à Goma par des hommes armés. Les corps sans vie, qui gissaient encore sur le sol, ont été retrouvés sans explication ni excuse des occupants illégaux. Dimanche 22 mars par exemple, un corps d’une jeune fille âgée de 24 ans et connue sous le nom de Bisimwa Marie Wani, criminologue de formation, a été trouvé à Katindo. Les circonstances de son assassinat restent encore floues, car sa mort était précédée par celle de son fiancé assassiné aussi dans les mêmes circonstances.
Un jour après à Katoyi, c’est trois autres corps qui ont été découverts. Les victimes habillées en treillis et en tenue de la Garde républicaine, ont suscité plusieurs interrogations. Certains pensent à une scène maquillée pour justifier ce crime. « Les rebelles ont maintenant l’habitude de maquiller des crimes, pour justifier leur barbarie », a expliqué un habitant sous couvert d’anonymat. Un autre témoignage révèle que le crime aurait eu lieu loin de l’endroit où les corps ont été découverts. Dans leurs opérations, les rebelles ciblent des personnes hostiles à leur gouvernance, ou encore qui refusent d’adhérer à leur idéologie, indiquent plusieurs sources à Goma.
Plus loin de là, un autre corps flottant sur les eaux du lac Kivu a été découvert lundi. Le corps a été identifié comme celui d’une petite fille.
Des disparitions
Les rebelles opèrent de différentes manières actuellement à Goma. Avant certains meurtres, ils procèdent par des rapts dans des endroits inconnus. Devant leurs cibles, l’interrogatoire passe par une stratégie des torture en vue d’obtenir certaines informations. Pour maquiller la scène, ils se font passer en sapeurs Pompiers en conduisant les victimes dans une structure sanitaire bien connue à Goma pour leurs soins. Mais tout ce qu’ils savent, souligne un habitant, les victimes ne survivront pas.
« Après des tortures, les rebelles eux-mêmes conduisent les victimes à l’hôpital pour des soins. Partant des tortures qu’ils ont infligés à ces dernières, ils savent que survivre est l’option la plus difficile. Plusieurs, finissent toujours par mourir, bien que certains sont sauvés de justesse », explique un citoyen de Goma.
Sur fond de terreur, les rebelles du M23 continuent d’occuper la ville de Goma. Depuis leur présence dans la ville, toute voix de contradiction est frappée d’interdiction alimentant ainsi un régime de la tyrannie.
Azarias Mokonzi