Nord-Kivu : le CICR alerte sur l’effondrement du système de santé dans les zones sous contrôle du M23
Nord-Kivu : le CICR alerte sur l’effondrement du système de santé dans les zones sous contrôle du M23
AFP
Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a une nouvelle fois tiré la sonnette d’alarme face à la dégradation générale du système de santé observée dans la province du Nord-Kivu, sous le contrôle de la rébellion AFC/M23 soutenue par le Rwanda.
Dans un rapport daté du mardi 17 juin et couvrant la période d’avril à mai 2025, l’organisation indique que cette détérioration est causée par les conflits armés, l’insécurité, les difficultés économiques, ainsi que la baisse drastique des financements des organisations humanitaires.
« Si des mesures urgentes ne sont pas prises, la vie de milliers de personnes pourrait être menacée. Aujourd’hui, avec un accès aux soins et aux médicaments fortement restreint, les risques pour une personne vivant au Nord ou Sud-Kivu de succomber à une blessure par arme ou à une simple diarrhée n’ont jamais été aussi élevés », affirme François Moreillon, chef de la délégation du CICR en RDC.
Les données statistiques recueillies alertent sur un risque d’effondrement d’une partie du système sanitaire dans les zones les plus exposées, avec des conséquences dramatiques pour des millions de personnes.
Dans son rapport, le CICR ajoute qu’au premier trimestre 2025, la majorité des établissements médicaux ont noté une diminution de moitié du nombre de consultations chez les enfants de moins de cinq ans, comparé à la même période en 2024. Le nombre d’enfants vaccinés est également en baisse : il est passé de plus de 67 000 enfants au premier trimestre 2023 à tout juste 29 000 en 2025.
Au premier trimestre 2025, 2 351 blessés par arme ont été traités dans les hôpitaux soutenus par le CICR, ce qui équivaut presque au nombre total des cas reçus sur l’ensemble de l’année 2024, soit une augmentation de 172 % par rapport à la même période en 2024.
La baisse drastique des financements des organisations humanitaires a considérablement impacté la disponibilité des médicaments, entraînant la réduction ou la cessation des activités de nombreuses organisations.
Le CICR appelle les parties au conflit à respecter le droit international humanitaire (DIH), qui oblige à protéger l’accès aux soins de santé en temps de conflit armé. Concernant la situation dans la région des Kivu, il exige que des mesures concrètes soient prises rapidement pour veiller à leur application.
Silas MUNGINDA