Justice Convoqué par le parquet général, Olenghankoy risque gros

Convoqué par le parquet général, Olenghankoy risque gros

L’opposant Joseph Olenghankoy est convoqué le 23 juin par le procureur général Firmin Mvonde, sans motif précisé. La convocation suit son tweet faisant état de dix morts lors du sit-in du 12 juin, désormais au cœur d’une information judiciaire.

Joseph Olenghankoy Mukundji, Président du CNSA en RDC © DT
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 21 JUIN 2026 - 20:10 WAT · 3 min de lecture

L’opposant Joseph Olenghankoy Mukundji est attendu le 23 juin à 11 heures dans les bureaux du procureur général près la Cour de cassation, au Building CNSS de la Gombe, à Kinshasa. Dans une invitation signée le 19 juin par le procureur général Firmin Mvonde Mambu, dont BETO a pris connaissance, le magistrat « a l’honneur de [l’]inviter à se présenter » pour « des faits dont connaissance [lui] sera communiquée sur place ». Le motif n’est pas précisé : Olenghankoy le découvrira en arrivant.

La convocation intervient une semaine après une sortie remarquée du leader sur X. Le 12 juin, jour du sit-in de l’opposition contre le changement de la Constitution, il y écrivait : « Le bilan provisoire de la manifestation contre le changement de la constitution à Kinshasa fait état de 10 morts, 15 disparus, 176 blessés graves. » Et d’ajouter : « Le pouvoir bascule dans la tyrannie extrême et l’étendard sanglant est levé, mais le peuple gagne toujours. » Un bilan bien supérieur à celui reconnu par les autorités, et que rien n’a confirmé de manière indépendante.

Or ce chiffrage est précisément au cœur d’un dossier ouvert par le même parquet. Au lendemain du sit-in, le procureur général a annoncé l’ouverture d’une information judiciaire sur les violences du 12 juin, en mettant en garde contre la propagation de « faux bruits » sur le nombre de victimes. Le bilan humain de cette journée reste contesté entre le pouvoir, l’opposition et les organisations de la société civile.

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Figure de l’opposition historique et président du Conseil national de suivi de l’accord (CNSA), Joseph Olenghankoy s’est posé en première ligne contre la révision constitutionnelle. Après les violences du 12 juin, il avait publiquement demandé à Félix Tshisekedi de renoncer à promulguer la loi sur l’organisation du référendum. Sa convocation place désormais l’une des voix les plus audibles de la contestation face à la justice.

L’invitation, dans sa forme, n’est qu’une convocation pour audition : Olenghankoy n’est ni inculpé ni poursuivi à ce stade. Mais elle s’inscrit dans une séquence où le parquet général multiplie les mises en garde, après avoir déjà, en 2024, visé le cardinal Fridolin Ambongo pour des propos jugés séditieux. Pour l’opposition, viser celui qui a avancé un bilan de dix morts revient à s’en prendre au messager plutôt qu’aux faits.

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Le rendez-vous du 23 juin dira si l’audition débouche sur de simples explications ou sur des poursuites. Au-delà du cas personnel d’Olenghankoy, il pose une question qui traverse toute la bataille constitutionnelle : jusqu’où un opposant peut-il contester le bilan officiel d’une répression sans risquer, à son tour, de répondre devant un juge.

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B
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