Politique Dialogue national : à Kananga, la société civile appelle à saisir « l’opportunité » offerte par Tshisekedi
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Dialogue national : à Kananga, la société civile appelle à saisir « l’opportunité » offerte par Tshisekedi

Dialogue national : à Kananga, la société civile appelle à saisir « l’opportunité » offerte par Tshisekedi
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 29 AOÛT 2026 - 14:18 WAT · 4 min de lecture

À Kananga, dans la province du Kasaï-Central, la société civile accueille favorablement l’annonce du dialogue national initié par le président Félix Tshisekedi. Daniel Ntumba Tshimanga, coordonnateur de la structure Debout Congolais pour le Développement Intégral (DCDD), appelle toutefois à garantir un processus inclusif, crédible et réellement ancré dans les réalités des provinces.

Dans une interview accordée à BETO.CD, il présente ce dialogue comme une occasion pour les Congolais de se retrouver autour des principaux défis auxquels le pays est confronté, en particulier la crise sécuritaire persistante dans l’Est de la République démocratique du Congo.

Selon lui, le recours au dialogue répond aux appels lancés ces derniers mois par plusieurs acteurs politiques et sociaux en faveur d’une solution concertée à la crise. Il rappelle cependant que les précédentes initiatives de ce type n’ont pas toujours permis de construire une paix durable, certaines ayant davantage débouché sur des compromis politiques que sur un traitement en profondeur des causes des conflits.

Des consultations qui doivent partir de la base

Daniel Ntumba Tshimanga salue particulièrement l’approche annoncée par Félix Tshisekedi, qui prévoit des consultations dans les 26 provinces avant la tenue des assises nationales.

Il estime que cette démarche peut permettre de recueillir directement les préoccupations des populations et de faire remonter leurs propositions au niveau national. Mais il prévient que cette étape ne doit pas être réduite à une simple formalité.

« Il ne faut pas considérer cette opportunité comme une opportunité de blague », insiste-t-il, appelant les gouverneurs et les organisateurs à veiller à la qualité et à la représentativité des participants.

Le coordonnateur de la DCDD plaide ainsi pour la participation des femmes, des jeunes, des étudiants, des personnes vivant avec handicap, des mouvements citoyens, des acteurs politiques et des organisations de la société civile. Selon lui, la diversité des profils est indispensable pour établir un diagnostic fidèle des difficultés rencontrées par les populations et dégager des propositions concrètes.

Il appelle également à privilégier les compétences et la capacité de contribution des participants, plutôt que les affinités personnelles ou les réseaux d’influence.

« Les Congolais doivent discuter entre eux »

Daniel Ntumba Tshimanga défend par ailleurs un dialogue conduit prioritairement entre Congolais. Il critique le recours fréquent aux médiations extérieures dans les crises politiques et sécuritaires que traverse le pays.

« Si c’est une affaire des Congolais, ils vont discuter entre eux-mêmes », soutient-il, estimant que ce processus doit permettre aux acteurs nationaux d’assumer davantage leurs responsabilités dans la recherche de la paix et de la stabilité.

Le responsable de la DCDD estime également que le dialogue ne doit pas devenir un moyen d’effacer les responsabilités liées aux crimes graves. Il rejoint ainsi la position exprimée par le Chef de l’État contre toute amnistie générale pour les crimes de guerre, les crimes contre l’humanité, le génocide, les violences sexuelles graves et d’autres crimes imprescriptibles.

« Vous ne pouvez pas tuer votre frère, votre sœur parce que vous avez voulu avoir le pouvoir », affirme-t-il.

La crainte d’un processus biaisé dès les provinces

Tout en soutenant le principe du dialogue, Daniel Ntumba Tshimanga met en garde contre le risque de favoritisme dans la sélection des participants aux consultations provinciales.

Selon lui, un processus mal engagé à la base pourrait compromettre la crédibilité de l’ensemble des assises. « Si c’est déjà biaisé parce que nous avons impliqué ceux qui ne conviennent pas, je crois que tout ce que nous allons attendre comme résultat sera toujours des résultats négatifs », avertit-il.

Depuis Kananga, le coordonnateur de la DCDD appelle ainsi les acteurs politiques, sociaux et citoyens à saisir cette initiative pour poser un diagnostic sérieux des problèmes du pays et formuler des propositions susceptibles de contribuer à une paix durable en RDC.

Pierre Kabakila

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