Paix à l’Est : Washington, Doha et dialogue interne, les trois fronts du gouvernement, selon Muyaya
Patrick Muyaya lors d’un briefing presse. PHOTO DROITS TIERS
AFP
Invité spécial de l’émission Congolais Télema ce samedi matin sur la RTNC, le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a longuement commenté l’accord de principe signé à Doha entre le gouvernement congolais et les rebelles du M23/AFC. Qualifié de « dialogue global », cet accord marque, selon lui, un tournant vers une paix inclusive et durable dans l’Est de la République démocratique du Congo.
«Les dialogues dont on parle ici sont globaux, ils incluent tout le monde : l’opposition non armée, la société civile, les initiatives citoyennes… Ce n’est pas un simple face-à-face militaire », a-t-il déclaré.
Pour Muyaya, l’accord de Doha n’est pas une fin en soi, mais plutôt une rampe de lancement vers un règlement structurel de la crise : «Il ouvre la voie à un accord plus détaillé sur ce qui doit être fait pour que la paix globale soit restaurée dans cette partie de notre pays. »
Le ministre a décliné la stratégie du gouvernement congolais en trois volets :
- La voie diplomatique, à travers des discussions bilatérales entre Kinshasa et Kigali, menées à Washington.
- La voie de Doha, centrée sur la désescalade avec le M23/AFC.
- La voie interne, avec des consultations nationales initiées par le président Félix Tshisekedi, incluant les forces vives, les confessions religieuses, et les représentants politiques et communautaires.
« Les dialogues sont ceux évoqués dans la déclaration du 25 avril. Ils sont coordonnés, complémentaires et structurés », a insisté Muyaya.
Il a également mentionné l’implication active de l’ECC-CENCO et d’autres confessions religieuses, dont les propositions devraient nourrir les futures étapes du processus interne.
La voie militaire écartée
Patrick Muyaya a souligné que le gouvernement a définitivement tourné la page de l’option militaire.
«Dans l’esprit de la résolution 2773 du Conseil de sécurité, nous avons reconnu que la solution ne peut pas être militaire. Le coût humain est trop lourd, les conséquences trop dramatiques», a-t-il laissé entendre.
L’accord de Doha constitue, selon lui, un engagement fort vers un règlement pacifique, obligeant chaque partie à respecter une ligne de conduite claire :
«Chaque acteur doit désormais tenir sa position pour privilégier le dialogue comme seule voie de règlement. »
Des défis majeurs à l’horizon
Malgré l’accord, de nombreux défis restent à relever : désarmement, réintégration, justice transitionnelle, réparations aux victimes, sécurité des populations, et rétablissement de l’autorité de l’État dans les zones encore sous occupation. Tous ces enjeux devront être discutés dans les prochaines phases de dialogue, en conformité avec le cadre posé par l’accord de Doha.
C. Timothée ÉZÉCHIEL