Diplomatie Après Kinshasa, le panel de l’UA ira en Ouganda et au Burundi, puis à Beni et à Bunia

Après Kinshasa, le panel de l’UA ira en Ouganda et au Burundi, puis à Beni et à Bunia

Félix Tshisekedi a reçu le samedi 10 octobre les membres du Panel des facilitateurs de l’Union africaine à la Cité de l’UA, au terme de deux jours de consultations à Kinshasa. Sahle-Work Zewde parle d’une « mission fructueuse ». La tournée se poursuit en Ouganda et au Burundi, avant Beni et Bunia.

Après Kinshasa, le panel de l’UA ira en Ouganda et au Burundi, puis à Beni et à Bunia
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 11 OCTOBRE 2026 - 07:56 WAT · 4 min de lecture

Le président Félix Tshisekedi a reçu le samedi 10 octobre 2026, à la Cité de l’Union africaine, les membres du Panel des facilitateurs de l’Union africaine, au terme de deux jours de consultations à Kinshasa sur les efforts de paix en République démocratique du Congo et dans la région des Grands Lacs. L’information vient de la Présidence de la République, sur son compte X. L’audience avait porté sur l’application des accords de Washington et de Doha, dont le chef de l’État réclame une exécution vérifiable.

« Une mission fructueuse surtout pour la substance »

C’est Sahle-Work Zewde, ancienne présidente de l’Éthiopie, qui a parlé pour la délégation. « C’était une mission fructueuse surtout pour la substance que nous avons eue, dans le but de trouver une solution à un conflit sur le continent qui n’a que trop duré et qui est le plus coûteux dans tous les sens », a-t-elle déclaré.

La formule qualifie la discussion, pas son résultat. Aucun engagement nouveau n’a été annoncé à la sortie de l’audience, aucun mécanisme de vérification n’a été nommé, et aucune échéance n’a été rendue publique.

Des officiels, et des membres de la société civile

À Kinshasa, le panel a rencontré les officiels du pays et des membres de la société civile. La Présidence n’a pas publié la liste de ces interlocuteurs ni le contenu de ces échanges. C’est pourtant la première fois, depuis le début de la tournée, que la médiation africaine dit avoir consulté autre chose que des autorités et des groupes armés.

Une tournée plus longue que les 72 heures annoncées

La Présidence avait présenté la démarche comme une mission de consultation de 72 heures. Le calendrier l’a débordée. Le panel est passé par Goma le 5 octobre, où il a consulté l’AFC et le M23, puis par Kigali le 7, avant d’arriver dans la capitale congolaise le jeudi 8 octobre selon l’Agence congolaise de presse.

La suite est désormais connue. Après Kinshasa, la délégation se rendra en Ouganda et au Burundi, puis visitera deux villes congolaises, Beni, dans le Nord-Kivu, et Bunia, en Ituri. Ni les dates de ces étapes ni le format des rencontres n’ont été précisés.

Beni et Bunia, deux terrains que le dossier M23 ne couvre pas

Ces deux dernières étapes élargissent le champ de la mission au-delà du front tenu par l’AFC et le M23. Beni est le foyer des ADF, dont la menace a fini par justifier un plan régional à cinq provinces. L’Ituri relève d’une autre crise, celle des milices et de l’état de siège, où les élus réclament un dispositif de protection des civils à Djugu et à Mambasa.

La médiation de l’Union africaine s’était construite sur l’agression rwandaise et sur les processus de Washington et de Doha. Aller à Beni et à Bunia revient à inscrire dans la même mission des conflits que ces accords ne traitent pas.

Ce qui reste à établir

Quatre éléments manquent et sont établissables auprès de la Présidence de la République et de la Commission de l’Union africaine. Les dates des étapes ougandaise et burundaise. L’identité des organisations de la société civile reçues à Kinshasa. Le destinataire et l’échéance du rapport que la mission doit produire. Et la date de la session d’Arusha prévue par la feuille de route de Gaborone, seule échéance que ce document porte.

Odon Bakumba

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