Politique Peter Kazadi sur le FRN : « Il ne s’agit pas d’une nouvelle rébellion »
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Peter Kazadi sur le FRN : « Il ne s’agit pas d’une nouvelle rébellion »

Le député UDPS et ancien ministre de l’Intérieur Peter Kazadi a réagi sur X à la désignation de Joseph Kabila à la tête du Front pour la refondation de la nation. Pour lui, le changement de nom ne crée aucune structure nouvelle, et la prise de fonction publique de l’ancien chef de l’État met fin à toute ambiguïté.

Peter Kazadi sur le FRN : « Il ne s’agit pas d’une nouvelle rébellion »
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 13 OCTOBRE 2026 - 09:32 WAT · 4 min de lecture

Le député UDPS et ancien vice-Premier ministre de l’Intérieur Peter Kazadi a réagi sur X à la désignation de Joseph Kabila à la tête du Front pour la refondation de la nation, annoncée le lundi 12 octobre 2026 à Goma. Sa lecture tient en une phrase : la nouvelle appellation ne crée aucune structure nouvelle.

« Une autre face de la même médaille »

« Le FRN n’est qu’une autre face de la même médaille. Il ne s’agit pas d’une nouvelle rébellion, mais bien d’une incarnation de la même rébellion, sous une autre dénomination », écrit-il.

L’argument est celui de la continuité des faits. Le changement de dénomination de l’AFC en FRN « ne saurait effacer les violences et les actes criminels dont nos populations ont été victimes, l’occupation d’une partie de notre territoire national, ni le soutien apporté à l’AFC/M23 par le régime de Kigali », poursuit l’ancien ministre.

Ce n’est pas sa première sortie sur ce terrain. En juillet, il requalifiait déjà l’AFC/M23 en simple instrument de Kigali dans une adresse publique à Bertrand Bisimwa, aujourd’hui premier vice-président du FRN.

« La fin de toute ambiguïté »

Le second axe du message porte sur l’ancien président. Sa désignation « marque la fin de toute ambiguïté sur son engagement public », écrit Peter Kazadi, qui y voit une résonance particulière donnée aux dénonciations formulées depuis plusieurs années par le président Félix Tshisekedi et par certains acteurs internationaux.

La formulation est prudente sur un point. Il écrit que cette prise de responsabilité publique constitue « un élément majeur dans l’appréciation de ces accusations », non qu’elle les établit. La distinction compte : les accusations portaient sur une influence exercée dans l’ombre avant octobre 2026, et le camp de l’ancien chef de l’État les avait rejetées.

Un appel à résister, et une limite posée

La dernière partie du message s’adresse à la population. Elle appelle à la sérénité, à la confiance dans les forces de défense et de sécurité, et à la vigilance. « Notre souveraineté n’est pas négociable. Notre intégrité territoriale n’est pas négociable », écrit-il.

La phrase la moins attendue est celle qui encadre l’appel. « Résister à l’agression demeure un devoir citoyen et une exigence patriotique », dit-il, avant d’ajouter que cette résistance « doit s’exercer avec détermination, dans le respect de la Constitution, des lois de la République et de la dignité humaine ». Dans un pays où l’appel à résister a parfois débordé en justice populaire, la précision n’est pas ornementale.

Ce que le message ne dit pas

Il n’annonce aucune mesure. Peter Kazadi ne siège plus au gouvernement, et son texte n’engage ni l’exécutif ni le ministère de la Justice. Il ne dit rien non plus des suites judiciaires pour l’ancien président, question que nous avions posée à propos du dialogue national, ni de l’effet de la création du FRN sur les pourparlers de Doha.

Sur le fond, sa lecture rejoint celle que la documentation onusienne avait déjà établie, celle d’un groupe armé qui se dote progressivement d’un projet politique. Le FRN en serait l’aboutissement nominal.

Ce qui reste à établir

Quatre éléments manquent et sont établissables auprès de la Primature, du ministère de la Justice et du ministère des Affaires étrangères. La position officielle du gouvernement sur la création du FRN. Les conséquences judiciaires que le parquet tire, le cas échéant, de cette prise de fonction publique. L’effet de la nouvelle dénomination sur la participation de l’AFC/M23 aux pourparlers de Doha. Et la réaction du camp de Joseph Kabila au message de Peter Kazadi.

Odon Bakumba

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