Président de la CIRGL, quel dossier Tshisekedi doit-il traiter en priorité pour répondre à la crise persistante dans l’Est de la RDC ?
Président de la CIRGL, quel dossier Tshisekedi doit-il traiter en priorité pour répondre à la crise persistante dans l’Est de la RDC ?
AFP
Kinshasa a accueilli, ce samedi, au Palais du Peuple, le 9ᵉ Sommet ordinaire de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL). Un rendez-vous déterminant pour la région, placé sous le thème « Consolider la paix et la sécurité pour le développement durable dans la région des Grands Lacs », et qui intervient alors que les violences se poursuivent à l’Est de la République démocratique du Congo (RDC).
Dans une intervention remarquée lors de la cérémonie d’ouverture, le Représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU, Huang Xia, a rappelé l’urgence absolue : « Les hostilités dans l’Est de la RDC doivent cesser immédiatement et l’accès humanitaire doit être garanti pour apporter l’aide nécessaire aux populations touchées ». Un avertissement clair, qui place la situation sécuritaire congolaise au centre des préoccupations régionales.
C’est dans ce contexte que le Président Félix Tshisekedi a officiellement pris la présidence tournante de la CIRGL pour les deux prochaines années. « C’est avec humilité et détermination que j’accepte, au nom de la République Démocratique du Congo, la Présidence tournante de la CIRGL », a-t-il déclaré, avant d’annoncer les grandes lignes de son « mandat des résultats ».
Parmi les priorités affichées — réforme institutionnelle, consolidation de la paix régionale, coopération judiciaire, lutte contre l’exploitation illicite des ressources naturelles, intégration économique — une question s’impose déjà : quel dossier devrait-il porter en premier pour répondre efficacement à la crise de l’Est ?
Au regard de l’alerte de l’ONU, des tensions persistantes sur le terrain et du rôle central que joue la CIRGL dans la prévention des conflits, le premier chantier du Président Tshisekedi devrait clairement être la relance d’un mécanisme régional robuste de cessation des hostilités. Un dispositif renforcé de vérification, impliquant tous les États membres, serait essentiel pour obtenir un arrêt immédiat des combats, condition préalable à toute solution durable.
Ensuite, la garantie d’un accès humanitaire sécurisé dans les zones affectées apparaît comme une urgence humanitaire et diplomatique. Sans cela, les populations civiles — premières victimes des violences — resteront hors de portée des secours.
Le nouveau leadership congolais à la tête de la CIRGL crée ainsi une attente forte : celle d’un mandat capable de transformer la solidarité régionale en actions concrètes, avec, en point de mire, la stabilisation urgente de l’Est de la RDC.
Odon Bakumba
