Santé Ebola : le premier cas français déclaré guéri
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Ebola : le premier cas français déclaré guéri

Le premier cas d'Ebola détecté en France, un soignant rentré de RDC, a été déclaré guéri le 4 juillet. Les décès, eux, restent circonscrits à l'épidémie congolaise.

Ebola : le premier cas français déclaré guéri
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 9 JUILLET 2026 - 19:50 WAT · 4 min de lecture

Le premier patient atteint d’Ebola sur le sol français, un médecin humanitaire rentré de l’est de la République démocratique du Congo, a quitté l’hôpital guéri le 4 juillet, sans qu’aucun décès ne soit à déplorer en France. À plusieurs milliers de kilomètres de là, dans la même région d’où il avait rapporté le virus, l’épidémie qui l’avait contaminé a déjà tué plus de cinq cents personnes.

C’est la ministre française de la Santé, Stéphanie Rist, qui a annoncé la sortie de l’hôpital du patient, désormais « guéri » après deux tests PCR négatifs. L’homme, un médecin humanitaire de retour d’une mission dans une zone où le virus circulait activement, avait vu son diagnostic confirmé le 24 juin par le ministère chargé de la Santé, qui parlait alors du premier cas positif de maladie à virus Ebola jamais identifié en France. Pris en charge dès son arrivée, il avait été isolé dans un établissement de référence pour les maladies infectieuses hautement transmissibles, sous des protocoles stricts de sécurité biologique, jusqu’à ce que les autorités le déclarent tiré d’affaire. C’était, à ce jour, le premier cas confirmé de cette épidémie hors du continent africain.

Autour de lui, la mécanique de veille sanitaire s’était mise en marche. Cinq passagers assis à proximité dans l’avion ont été identifiés puis placés en isolement pour vingt et un jours, la durée d’incubation maximale du virus ; aucune contamination secondaire n’avait été signalée à la date de publication. Les modélisations de l’INSERM et de Santé publique France concluent à un risque d’importation très faible en France hexagonale, faute de liaison aérienne directe entre les zones touchées et l’Hexagone. Seule Mayotte, plus exposée par sa géographie, fait l’objet d’une surveillance renforcée, son agence régionale de santé et son centre hospitalier étant placés en alerte. Le variant en cause, appelé Bundibugyo, circule dans le nord-est de la RDC et a déjà franchi la frontière ougandaise ; aucun vaccin ni traitement spécifique n’existe contre cette souche, que l’Organisation mondiale de la santé a placée à la mi-mai sous le régime de l’urgence sanitaire de portée internationale.

À Bunia, des centres de traitement saturés

Ce cas français, isolé et sans issue fatale, n’est que l’écho lointain d’une crise dont l’épicentre demeure l’est de la RDC. Selon les chiffres de l’OMS relayés le 7 juillet par l’ONU, le pays recense 1 561 cas confirmés, 506 décès et 254 guérisons, quand plus de dix mille personnes contacts sont encore suivies. La représentante de l’OMS en RDC, Anne Ancia, prévient depuis Bunia, dans l’Ituri, que ce bilan pourrait rester en deçà de la réalité. « Nous aimerions pouvoir dire que la situation se stabilise, mais, franchement, nous ne pouvons pas encore l’affirmer », reconnaît-elle. Sur le terrain, la riposte bute contre ses propres limites : « Les centres de traitement sont arrivés à saturation », alerte-t-elle, pointant jusqu’au manque d’ambulances dans la seule province de l’Ituri.

La dix-septième épidémie d’Ebola déclarée en RDC progresse dans une région déjà minée par les conflits armés et les déplacements de population, où l’armée congolaise affronte notamment le M23. Un essai clinique y a débuté le 2 juillet pour évaluer deux traitements contre la souche Bundibugyo, l’anticorps monoclonal MBP134 et l’antiviral remdesivir, et plus de mille deux cents doses sont déjà disponibles. À Paris, un patient est rentré chez lui ; à Bunia, ces doses attendent des malades que les lits, eux, ne suffisent plus à recevoir.

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B
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