Politique Procès FRIVAO : « Je suis prêt à boire la ciguë comme Socrate », Mutamba fait spectacle et claque la porte de l’audience
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Procès FRIVAO : « Je suis prêt à boire la ciguë comme Socrate », Mutamba fait spectacle et claque la porte de l’audience

Procès FRIVAO : « Je suis prêt à boire la ciguë comme Socrate », Mutamba fait spectacle et claque la porte de l’audience
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 27 JUILLET 2026 - 12:28 WAT · 4 min de lecture

Le procès de l’ancien ministre d’État à la Justice Constant Mutamba a tourné à l’incident. Ce lundi 27 juillet, devant la Cour de cassation à Kinshasa, dans le dossier du fonds FRIVAO, l’ancien garde des Sceaux a quitté la salle d’audience après avoir dénoncé des irrégularités de procédure. Il reproche aux greffiers d’avoir introduit de « fausses mentions » dans sa citation à comparaître.

Devant les juges, Constant Mutamba a aligné ses griefs. Il a fustigé le refus, selon lui, du tribunal de grande instance de la Gombe d’enregistrer la plainte qu’il a lui-même déposée contre un greffier, ainsi que ce qu’il considère comme un déni de son droit de soulever des exceptions de procédure. Refusant de poursuivre dans ces conditions, il a affirmé être prêt à « boire la ciguë comme Socrate » plutôt que de cautionner ce qu’il qualifie d’irrégularités, avant de sortir de la salle.

En quittant l’audience, l’ancien ministre a porté de graves accusations qui n’engagent que lui. Il s’est présenté en cible d’un « système mafieux » qu’il dit avoir combattu, affirmant que ses adversaires politiques se seraient organisés pour le condamner et l’arrêter. Il soutient qu’un dossier déjà clôturé aurait été rouvert contre lui, et que son coprévenu aurait été instrumentalisé pour l’atteindre. Ces affirmations, formulées à sa sortie, relèvent de sa défense et n’ont pas été établies.

Le dossier, lui, n’a pas encore été jugé sur le fond. Le FRIVAO est le fonds chargé d’indemniser les victimes des activités illicites de l’Ouganda en RDC, alimenté par les réparations mises à la charge de Kampala par la Cour internationale de justice. Constant Mutamba y est poursuivi, en sa qualité d’ancien ordonnateur, aux côtés de Chancard Bukolela, ancien coordonnateur intérimaire du fonds, pour des décaissements jugés irréguliers portant sur plusieurs millions de dollars. À l’audience précédente, le 13 juillet, la Cour avait joint les deux procédures et renvoyé l’examen au 27 juillet pour permettre à l’ancien ministre de consulter le dossier, dont il disait ignorer le contenu. Le ministère public soutient, lui, que Mutamba avait bien été entendu durant l’instruction, une audition menée à son chevet, à l’hôpital, que l’intéressé conteste.

Ce volet judiciaire s’ajoute à un parcours déjà lourd. Le 2 septembre 2025, la Cour de cassation avait condamné Constant Mutamba à trois ans de travaux forcés pour détournement de deniers publics, dans une affaire distincte, celle des fonds destinés à la construction de la prison de Kisangani. Le dossier FRIVAO est une autre procédure, à laquelle la présomption d’innocence s’applique pleinement. Quelques jours avant cette audience, l’ancien ministre avait réclamé, dans une lettre manuscrite, la retransmission en direct de son procès, au nom d’une justice rendue au vu et au su du peuple.

Son départ de la salle laisse l’affaire en suspens. Il reviendra à la Cour de dire si l’examen se poursuivra malgré l’absence du prévenu, et si les exceptions qu’il invoque seront tranchées. L’audience aura, en tout cas, confirmé que ce procès se joue autant sur le terrain du droit que sur celui de la bataille politique que Constant Mutamba entend mener publiquement.

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