RDC : cinq sénateurs américains pressent Rubio de maintenir la pression sur le Rwanda
Cinq sénateurs américains ont écrit le 25 juin à Marco Rubio pour réclamer plus de pression sur le Rwanda, accusé de soutenir le M23, contestant l’idée d’un conflit réglé par les accords de Washington.
Le secrétaire d’État américain Marco Rubio. PHOTO DROITS TIERS.
AFP
Cinq sénateurs américains ont écrit le 25 juin au secrétaire d’État Marco Rubio pour réclamer une pression diplomatique accrue sur le Rwanda, accusé de continuer à soutenir la rébellion de l’AFC/M23 dans l’est de la République démocratique du Congo. La lettre, signée de Tim Kaine, Cory Booker, Chris Van Hollen, Peter Welch et Jeff Merkley, fait suite à un premier courrier de novembre 2025.
Les élus y contestent le récit d’un conflit réglé. Malgré la signature, le 4 décembre 2025, des « accords de Washington », les combats se sont intensifiés quelques jours plus tard, écrivent-ils, avec une avancée des forces du M23, soutenues par le Rwanda, à travers le Sud-Kivu et la chute d’Uvira.
Le courrier reprend des bilans lourds : environ 1 500 civils tués depuis début décembre selon des responsables congolais, plus de 500 000 personnes déplacées et plus de 101 000 réfugiés poussés vers le Burundi, selon des agences des Nations unies, du fait des offensives de décembre 2025.
Les sénateurs rappellent qu’en mars 2026, le Trésor américain a sanctionné les Forces de défense rwandaises et de hauts gradés pour un « soutien opérationnel direct » au M23, tandis que le département d’État imposait des restrictions de visa à des responsables rwandais accusés d’avoir « alimenté l’instabilité ». L’administration avait alors réclamé « le retrait immédiat » des troupes rwandaises du territoire congolais.
Pour les signataires, ces mesures prouvent la fragilité du cadre actuel et plaident pour une pression diplomatique soutenue « plutôt que des étapes symboliques ». Ils mettent en garde contre les déclarations présentant le conflit comme résolu, qui « sous-estiment » la crise humanitaire et affaiblissent le levier américain au moment où il reste nécessaire.
La lettre s’achève sur neuf questions au département d’État, portant sur le suivi du retrait rwandais, la protection des civils, l’avenir du financement de la Monusco et l’articulation entre l’accès aux minerais critiques et les objectifs de sécurité. Pour Kinshasa, ce courrier conforte sa lecture d’une agression rwandaise que les accords n’ont pas stoppée.
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