Les autres Léopards du Mondial 2026 : le onze que la RDC n’a pas pu aligner
Pendant que les Léopards retrouvent la Coupe du monde après 52 ans, d'autres sélections alignent, elles aussi, des joueurs au sang congolais. Une série pour raconter ces trajectoires.
Le 6 juin 1967, à Kinshasa, naît Roger Menama Lukaku, attaquant aux onze sélections sous le maillot du Zaïre devenu la RD Congo. Cinquante-huit ans plus tard, son fils Romelu Lukaku, meilleur buteur de l’histoire de la Belgique, dispute la Coupe du monde 2026 sous le maillot des Diables rouges, l’année même où les Léopards y reviennent après cinquante-deux ans d’absence. Le père a porté le Congo ; le fils porte un autre drapeau.
Romelu Lukaku n’est pas un cas isolé. À ce Mondial, onze joueurs d’origine congolaise figurent dans les effectifs de six sélections étrangères. Cinq sous le maillot de la Belgique (Romelu Lukaku, Youri Tielemans, Dodi Lukébakio, Nathan Ngoy, Koni De Winter), deux avec la Suisse (Denis Zakaria, Johan Manzambi), un avec l’Angleterre (Ezri Konsa), un avec la France (Jean-Philippe Mateta), un avec le Canada (Moïse Bombito) et un avec la Suède (Ken Sema).
| Sélection | Joueurs | Nb |
|---|---|---|
| Belgique | Lukaku, Tielemans, Lukébakio, Ngoy, De Winter | 5 |
| Suisse | Zakaria, Manzambi | 2 |
| Angleterre | Konsa | 1 |
| France | Mateta | 1 |
| Canada | Bombito | 1 |
| Suède | Sema | 1 |
Une géographie de l’exil et de la formation
Cette dispersion raconte d’abord une géographie. La migration congolaise des dernières décennies, faite d’exils, d’études et de regroupements familiaux, a essaimé en Europe et en Amérique du Nord. Les enfants de cette diaspora ont grandi à Anderlecht, à Londres, à Genève, à Montréal ou à Norrköping, repérés tôt par des académies et des fédérations qui sécurisent leurs binationaux avant les autres.
S’y ajoutent les règles d’éligibilité de la FIFA, qui laissent à chaque binational le choix de sa sélection tant qu’il n’a pas disputé de match officiel liant avec un pays. Pour ces talents, la concurrence est rude entre nations, et la RD Congo, longtemps en retrait sur ce terrain, a vu nombre de ses fils basculer ailleurs.
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Ni procès, ni nostalgie
Aucun de ces parcours n’est un reniement. Beaucoup sont nés ailleurs, n’ont du Congo qu’un héritage familial, et ont choisi le pays de leur enfance. D’autres, comme Dodi Lukébakio, ont même porté le maillot des Léopards avant de bifurquer. Côté France, Jean-Philippe Mateta, fils d’un Congolais, a été retenu par Didier Deschamps là où d’autres binationaux, comme Randal Kolo Muani, sont restés à quai.
Cette série racontera leurs histoires une à une : d’où vient la famille, comment s’est faite la bascule vers une autre sélection, ce que le joueur dit, ou tait, de ses origines. De Romelu Lukaku, fils d’un Léopard, à Ken Sema, dont les parents ont fui Kinshasa en 1987, voici les autres Léopards de ce Mondial.