Politique « Il nous appartient à tous » : l’ECC conteste les conditions de participation au dialogue posées par Muyaya
Politique

« Il nous appartient à tous » : l’ECC conteste les conditions de participation au dialogue posées par Muyaya

Pour le pasteur Éric Nsenga (ECC), le dialogue « ne doit pas être considéré comme un processus propre à Tshisekedi ». Une lecture qui tranche avec celle du gouvernement.

« Il nous appartient à tous » : l’ECC conteste les conditions de participation au dialogue posées par Muyaya
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 21 JUILLET 2026 - 03:11 WAT · 3 min de lecture

Le dialogue national sera-t-il ouvert à tous, ou réservé à certains ? Sur ce point, le gouvernement et les Églises médiatrices ne disent pas la même chose. Le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a posé une condition : ce dialogue, a-t-il expliqué lors d’un briefing, doit servir à bâtir un « bloc national » face à l’agression rwandaise, et ne saurait s’ouvrir à ceux qui n’en condamnent pas les auteurs.

« Comment pensez-vous que les autres Africains et les pays voisins nous regardent comme peuple lorsqu’il est établi par tous les rapports des Nations unies, des États-Unis et des organisations non gouvernementales qu’il y a un pays agresseur qui agresse la République démocratique du Congo, et qu’il y a des Congolais qui en sont complices ou qui ne dénoncent pas le mal ? », a lancé le ministre. Dans sa logique, l’inclusivité ne saurait profiter aux « Congolais supplétifs » ni récompenser ceux qui ont pris les armes.

Ce critère dessine, en creux, une ligne d’exclusion : il vise ceux que le pouvoir range du côté de l’agression, au premier rang desquels l’AFC/M23. Muyaya a d’ailleurs reproché à la CENCO et à l’ECC d’avoir, « dans la perception », donné « l’impression d’être tolérantes » à l’égard de « certaines choses qui se passent et qui sont inacceptables » au regard de l’agression, après leur visite à Goma, ville tenue par la rébellion.

À cette lecture conditionnelle, l’ECC oppose une autre définition de l’inclusivité. « Ce dialogue ne doit pas être considéré comme un processus propre au président Félix Tshisekedi. Il nous appartient à tous », a répliqué son porte-parole, le pasteur Éric Nsenga, pour qui le chef de l’État « dispose simplement des prérogatives constitutionnelles qui lui permettent de convoquer le dialogue ». Et de prévenir : « Il ne faudrait pas que, dès le départ, les uns ou les autres se sentent déjà lésés. »

Entre les deux, c’est la composition même de la table qui se joue. Pour le gouvernement, l’inclusivité a des bornes, et certains acteurs, mouvements armés ou personnalités mises en cause dans l’agression, n’y ont pas leur place. Pour les Églises, mandatées par le chef de l’État pour la médiation, un dialogue qui exclut d’entrée n’est plus tout à fait inclusif. L’enjeu n’est pas mince : il décide si des figures comme Joseph Kabila ou Corneille Nangaa, que les Églises ont évoquées au titre de la « décrispation », pourront ou non être associées au processus.

Avant même son ouverture, le dialogue bute ainsi sur sa première question : inclusif jusqu’où, et pour qui ? La réponse, là encore, tiendra dans l’ordonnance que le président doit signer.

Commentaires
B
Cet article respecte les principes de transparence éditoriale de BETO. En savoir plus ›
Et aussi…