Société Gyrophares et plaques bâchées : une nouvelle interdiction que des véhicules d’officiels violent déjà
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Gyrophares et plaques bâchées : une nouvelle interdiction que des véhicules d’officiels violent déjà

Le VPM Intérieur Shabani Lukoo interdit de nouveau, dans un message du 6 juillet, gyrophares, sirènes, escortes et plaques bâchées aux civils. Le matin même, des journalistes de BETO observaient des véhicules officiels toujours en infraction.

Gyrophares et plaques bâchées : une nouvelle interdiction que des véhicules d’officiels violent déjà
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 9 JUILLET 2026 - 10:44 WAT · 3 min de lecture

Le gouvernement a de nouveau sifflé la fin de la récréation. Dans un message officiel daté du 6 juillet, le vice-premier ministre de l’Intérieur, Sécurité et Affaires coutumières, Jacquemain Shabani Lukoo Bihango, a instruit la police nationale et les commandements provinciaux d’interdire l’usage, par des civils, des gyrophares, des feux multicolores, des sirènes et des escortes policières ou militaires. Le même texte proscrit les plaques d’immatriculation bâchées. La mesure est présentée comme ayant un caractère permanent.

L’ordre n’a pourtant rien d’inédit. Le vice-premier ministre y rappelle sa propre instruction précédente, référencée sous le numéro 416 et datée du 3 décembre 2025, qui interdisait déjà ces dispositifs jusqu’à nouvel ordre. Le nouveau message ne fait qu’y ajouter les plaques bâchées et réclamer un rapport sur l’exécution de la consigne.

La démarche s’inscrit elle-même dans le sillage d’un avertissement venu du sommet de l’État. Le 6 mai, lors d’une conférence de presse, Félix Tshisekedi avait menacé de renvoyer les membres du gouvernement pris en infraction. « La prochaine fois que vous en avez, veuillez bien noter la plaque et, si vous avez même vu le visage du ministre ou de la ministre, n’hésitez pas à me donner son nom et il va quitter le gouvernement immédiatement », avait lancé le chef de l’État. Sur les plaques, il avait été tout aussi clair : « Même le fait de bâcher les plaques est interdit. Ils ont été prévenus, ils le savent. »

Sur le terrain, la consigne peine à s’imposer, y compris chez ceux qui sont censés la faire respecter. Cette semaine encore, au matin, des journalistes de BETO ont observé, à Kinshasa, plusieurs véhicules aux plaques bâchées, munis de gyrophares, remontant les files à contresens. Certains portaient les attributs de cortèges officiels. Ce n’est pas la première fois que de telles scènes sont constatées après l’annonce d’une interdiction.

Le contraste résume tout le problème. D’un côté, des instructions répétées, du chef de l’État en mai au vice-premier ministre en juillet, en passant par une première note en décembre. De l’autre, une application défaillante, sans sanction publique connue à ce jour, dans une capitale où ces privilèges de la route sont autant de marqueurs de pouvoir et où l’armée a même été appelée en renfort de la police de circulation. Le message du 6 juillet réclame un rapport sur son exécution. C’est à ce rapport, et aux éventuelles sanctions qui suivront, que se mesurera cette fois la portée de l’ordre.

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B
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