« Un acte de grandeur » : l’ECC salue le report de la C64 et ouvre la « décrispation » des cas Kabila et Nangaa
Le pasteur Éric Nsenga (ECC) salue le report de la marche de la C64 comme « un acte de grandeur » et annonce l'entrée de la médiation dans une phase de décrispation.
« Un acte de grandeur » : l’ECC salue le report de la C64 et ouvre la « décrispation » des cas Kabila et Nangaa
AFP
Le report par l’opposition de sa marche du 22 juillet a reçu, dès son annonce, le soutien des médiateurs religieux. Le pasteur Éric Nsenga, porte-parole de l’Église du Christ au Congo (ECC), y a vu « un acte de grandeur » plutôt qu’un signe de faiblesse, et « une preuve de maturité ».
Pour lui, la décision de la Coalition Article 64 (C64) montre qu’elle sait « faire la différence entre le privilège, la lutte et l’intérêt supérieur du pays ». Le porte-parole a insisté sur le caractère inclusif du dialogue à venir. « Il ne faudrait pas que, dès le départ, les uns ou les autres se sentent déjà lésés », a-t-il déclaré.
Éric Nsenga a annoncé que la médiation religieuse, confiée à la CENCO et à l’ECC, entrait désormais dans une phase de « décrispation ». Il a évoqué à ce titre plusieurs dossiers sensibles mentionnés par les leaders de la C64, dont ceux de l’ancien président Joseph Kabila et du chef de l’Alliance fleuve Congo, Corneille Nangaa. Selon lui, la médiation ne pourrait exiger des concessions des uns et des autres sans qu’un exemple soit d’abord donné par certains.
Dans cette logique, le geste de la C64 constitue, à ses yeux, un « grand sacrifice » qui contribue à créer les conditions de confiance nécessaires à un dialogue apaisé. La Coalition avait annoncé, le 20 juillet, le report de sa marche, tout en fixant au pouvoir un ultimatum : le dialogue national doit être officiellement convoqué avant le 15 août, sous peine de reprise des actions citoyennes.
L’évocation des cas Kabila et Nangaa met d’emblée un sujet délicat sur la table. L’ancien chef de l’État a été condamné à mort par contumace en septembre 2025, une décision qu’il conteste et pour laquelle il a été jugé sans être présent ; Corneille Nangaa dirige l’AFC/M23, mouvement armé actif dans l’est du pays. Toute mesure de décrispation les concernant se heurterait à la justice congolaise et au cadre fixé par le pouvoir, qui veut un dialogue « dans le respect des institutions ».
En saluant le report comme un « sacrifice », les Églises engagent leur crédit à obtenir, en retour, des gestes du pouvoir. La phase de décrispation qui s’ouvre en sera le premier test.
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