RDC : l’opposition reporte sa marche, mais donne un ultimatum au 15 août pour le dialogue
La Coalition Article 64 reporte sa marche du 22 juillet, mais fixe un ultimatum : le dialogue doit être convoqué avant le 15 août, sous peine de reprise des actions citoyennes.
RDC : l’opposition reporte sa marche, mais donne un ultimatum au 15 août pour le dialogue
AFP
La Coalition Article 64 (C64) a annoncé, le 20 juillet, le report de la marche qu’elle prévoyait deux jours plus tard, le 22 juillet, devant le Palais de la Nation. Mais, dans le communiqué signé par ses cinq principaux leaders, l’opposition assortit ce recul d’un ultimatum : le dialogue national doit être officiellement convoqué avant le 15 août, faute de quoi elle appellera à reprendre les actions citoyennes.
Le texte est signé de Martin Fayulu (ECiDé), Jean-Marc Kabund (Alliance pour le changement), Moïse Katumbi (Ensemble pour la République), Augustin Matata Ponyo (LGD) et Delly Sesanga (Envol). La coalition dit répondre à l’appel lancé le 18 juillet par le cardinal Fridolin Ambongo, pour la CENCO, et le révérend André Bokundoa, pour l’ECC, l’invitant à « donner une véritable chance au dialogue ». Elle prend acte de la volonté, affichée par la Présidence, d’organiser un « dialogue inclusif, apaisé résolument républicain, dans le respect des institutions et de la Constitution ».
Le geste, présenté comme « un geste de responsabilité », « ne saurait être interprété comme un renoncement à la défense de l’ordre constitutionnel », prévient la C64. La coalition dit vouloir « épuiser toutes les voies du dialogue » avant toute nouvelle mobilisation, forte, écrit-elle, du « crédit moral des pères de l’Église ».
L’échéance, elle, est datée. « Si le dialogue national inclusif n’est pas officiellement convoqué au plus tard le 15 août 2026, ou si les engagements annoncés demeurent sans traduction concrète », la coalition avertit qu’elle « appellera le peuple congolais […] à reprendre les actions citoyennes pacifiques ». D’ici là, elle maintient ses structures et ses partisans, dans le pays et dans la diaspora, « en état de mobilisation et d’alerte maximale ».
La C64 pose aussi une ligne rouge. Elle met en garde le pouvoir contre « tout acte de provocation », en particulier la promulgation de la loi sur le référendum constitutionnel, un texte qu’elle combat. Rappelant les articles 70 et 220 de la Constitution, selon lesquels nul ne peut exercer plus de deux mandats à la tête de l’État, elle réaffirme que le peuple congolais « ne permettra aucune remise en cause » de la Loi fondamentale.
Une fois convoqué, le dialogue devra, selon elle, s’attaquer aux « causes profondes de la crise » : l’agression extérieure et l’insécurité dans l’Est, la crise de gouvernance, les difficultés économiques et sociales. La coalition exige en préalable des « mesures de confiance et de décrispation ». La marche du 22 juillet, qui devait réclamer le départ de Félix Tshisekedi, avait déjà été décalée une première fois, du 8 au 22 juillet ; du côté du pouvoir, l’UDPS a annoncé sa propre marche pour le 24 juillet.
En reportant sans renoncer, l’opposition transforme sa marche en compte à rebours. Le dialogue a désormais une date limite : le 15 août.