Partis & Coalitions Marche du 22 juillet : les évêques consultent l’opposition pour obtenir un report
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Marche du 22 juillet : les évêques consultent l’opposition pour obtenir un report

La CENCO et l'Église du Christ au Congo ont consulté, le samedi 18 juillet à l'archevêché de Kinshasa, les responsables de la Coalition Article 64 « afin d'obtenir le principe du report » de la marche du 22 juillet, dans le contexte de l'annonce du dialogue par le chef de l'État.

Marche du 22 juillet : les évêques consultent l’opposition pour obtenir un report
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 17 JUILLET 2026 - 21:55 WAT · 4 min de lecture

La Conférence épiscopale nationale du Congo et l’Église du Christ au Congo ont consulté, le samedi 18 juillet à l’archevêché de Kinshasa, les responsables de la Coalition Article 64 « afin d’obtenir le principe du report » de la marche que l’opposition prévoit le 22 juillet. La CENCO l’a annoncé elle-même, dans un communiqué publié sur son compte X. La démarche, précise-t-elle, « est intervenue dans le contexte de l’annonce par le chef de l’État de l’ouverture d’un dialogue inclusif » : les deux Églises, « appelées à jouer un rôle de médiation dans ce processus », disent poursuivre leurs consultations « avec les différentes parties prenantes ».

BETO avait rapporté, dès le lendemain de l’annonce du dialogue, que des responsables catholiques avaient été sollicités pour approcher l’opposition au sujet de la marche. Le communiqué du 18 juillet confirme la démarche et la porte au grand jour ; la CENCO la rattache à son rôle de médiation, sans en désigner le commanditaire.

La marche vers le Palais de la Nation reste annoncée pour le mercredi 22 juillet, et aucun report n’a été acté à ce stade. Elle avait été fixée avant l’audience de vendredi, avant que le cardinal Fridolin Ambongo n’annonce que le chef de l’État avait « levé l’option » d’un dialogue inclusif. Depuis, la question a changé de nature : il ne s’agit plus de savoir si l’opposition peut marcher, mais de savoir ce que marcher voudra dire cinq jours après une main tendue.

Selon une source proche du dossier citée par BETO, il a été demandé à l’opposition d’annuler la manifestation. Toujours selon les informations recueillies par BETO, le sujet est débattu avec intensité dans les rangs de la coalition, où plusieurs cadres plaident pour le maintien, faisant valoir que rien de ce que la coalition a exigé n’a été obtenu. Les responsables de l’opposition doivent, d’après ces mêmes sources, annoncer leur décision dans les prochaines heures. Elle n’avait pas été rendue publique à l’heure de la publication de cet article.

Ce que l’opposition a demandé est écrit et n’a pas bougé. Au retour de Bujumbura, le 9 juillet, la coalition de Martin Fayulu a posé trois conditions : pas de dialogue et pas de suspension des actions citoyennes « tant que Monsieur Félix Tshisekedi n’aura pas renoncé publiquement et définitivement à son projet de changement de Constitution », la libération des prisonniers politiques, et l’abandon des poursuites qu’elle juge politiques. La déclaration du 17 juillet ne mentionne ni la Constitution, ni le référendum, ni les prisonniers. La proposition de loi organisant un référendum, adoptée à l’Assemblée nationale le 9 juin par 348 voix contre 2, est devant la Cour constitutionnelle depuis le 29 juin. Elle n’est pas promulguée.

La coalition a déjà déplacé cette marche une fois. Elle devait se tenir le 8 juillet ; elle a été reportée au 22 pour permettre à Martin Fayulu, Delly Sesanga et Jean-Marc Kabund de se rendre à Bujumbura, où le président burundais Évariste Ndayishimiye, président en exercice de l’Union africaine, recevait les acteurs congolais. Fayulu avait alors soutenu qu’un report n’était pas un recul, rappelant les mobilisations des 19 mai, 3 et 12 juin. Le précédent vaut pour ce qu’il vaut : une invitation avait suffi à décaler la date.

L’enjeu de la marche dépasse la marche. Elle est un moyen de pression que l’opposition détient en propre, à un moment où l’ordre du jour du dialogue n’est pas écrit, où le médiateur n’est pas nommé, où la date n’est pas fixée. La suspendre avant que les « conditions qui se préciseront, chemin faisant » ne se soient précisées, c’est entrer dans le processus sans contrepartie visible. La maintenir cinq jours après une annonce d’ouverture, c’est s’exposer au reproche de refuser la main tendue. Le pouvoir a déjà employé un argument voisin sous une autre forme, quand l’Union sacrée, par la voix de Peter Kazadi, a accusé la C64 de servir de couverture au « projet de Kigali ».

Les Églises, elles, sont désormais sur les deux versants du dossier. Des composantes des Églises catholique et protestante figurent parmi les soutiens de la C64. C’est un cardinal qui a annoncé le dialogue devant une caméra de la Présidence, en déclarant : « Nous avons accepté cette mission que le chef de l’État nous confie. » Et ce sont la CENCO et l’ECC qui, deux jours plus tard, sont venues demander à l’opposition de reporter sa marche. Le médiateur et l’un des convives sont, cette fois, la même institution.

La réponse, elle, est attendue d’un moment à l’autre.

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B
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