RDC : Jules Alingete dément toute déclaration sur le procès de Constant Mutamba
Jules Alingete Key, ancien Inspecteur général des finances, et Constant Mutamba, ancien ministre d’État en charge de la Justice lors d’un entretien au cabinet du ministre, le 17 juin 2024.
AFP
L’ancien Inspecteur général des Finances, Jules Alingete, est monté au créneau ce jeudi 31 juillet 2025 pour dénoncer une fausse information diffusée sur les réseaux sociaux. Sur son compte X (anciennement Twitter), il a formellement démenti avoir accordé une interview ou fait une quelconque déclaration publique au sujet du procès en cours visant Constant Mutamba, ancien ministre d’État, ministre de la Justice.
« Je n’ai accordé aucune interview ni fait aucune déclaration concernant le procès de l’ancien Ministre d’État, Ministre de la Justice. Le contenu relayé est une pure manipulation orchestrée par mes détracteurs dans le but de nuire à ma réputation. Je me réserve le droit d’engager des poursuites judiciaires contre l’auteur de cette machination », a-t-il écrit.
Ce démenti intervient alors que l’affaire Mutamba continue de défrayer la chronique en République démocratique du Congo. L’ancien ministre de la Justice est poursuivi devant la Cour de cassation pour détournement présumé de fonds publics d’un montant de 19 millions de dollars américains. Ces fonds étaient destinés à la construction d’un centre pénitentiaire à Kisangani et auraient été alloués à une société fictive dénommée Zion Construction, sans validation préalable de la Première ministre.
Le procès s’est ouvert le 9 juillet dernier. Depuis lors, deux audiences se sont déjà tenues. Lors de la première, la défense a tenté de faire annuler la procédure en soulevant plusieurs exceptions de nullité, notamment sur la forme de la citation à comparaître et l’absence de levée régulière d’immunité parlementaire. Ces exceptions ont été rejetées par la Cour. Le 30 juillet, la défense est revenue à la charge avec une demande de surséance de 30 jours, qui a de nouveau été rejetée, la Cour estimant qu’il s’agissait d’une manœuvre dilatoire. L’audience du 31 juillet a confirmé cette position, et le procès a été renvoyé au 4 août, date prévue pour l’audition des témoins proposés par les parties.
De son côté, Constant Mutamba nie catégoriquement les faits qui lui sont reprochés. Il affirme n’avoir jamais disposé de ces fonds et prétend avoir trouvé le solde à son arrivée au ministère sans jamais y toucher. Pour lui, ce procès est éminemment politique. Il estime être victime d’une cabale liée à ses prises de position, notamment sur la souveraineté nationale, la politique étrangère vis-à-vis du Rwanda et son opposition affichée à certaines figures du pouvoir.
Dans une stratégie défensive offensive, Mutamba a sollicité la comparution de plusieurs personnalités de haut rang pour témoigner, parmi lesquelles la Première ministre Judith Suminwa, l’ex-ministre de la Justice Rose Mutombo, le successeur de Jules Alingete à l’Inspection générale des finances, ainsi que Jules Alingete lui-même. Une requête qui vise, selon lui, à démontrer que la gestion de ces fonds n’était pas de son ressort exclusif.
À quelques jours de la prochaine audience prévue le 4 août, la pression monte autour d’un procès qui pourrait avoir des conséquences politiques et judiciaires majeures.
Gilbert N.
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