RDC : Kambinga veut un référendum avant toute élection générale en 2028
RDC : Kambinga veut un référendum avant toute élection générale en 2028
AFP
En marge des 10es Conférences d’octobre 2026 du mouvement Le Centre, l’ancien ministre de l’Industrie Germain Kambinga propose de franchir un « cap supplémentaire » dans le débat sur l’avenir institutionnel de la République démocratique du Congo. Selon lui, si les conditions sécuritaires le permettent, la première grande consultation nationale à l’horizon 2028 devrait être un référendum sur l’avenir de la République, plutôt qu’une élection générale ordinaire.
Prenant la parole au Centre Nganda, à Kinshasa, Germain Kambinga a placé la question institutionnelle au cœur de la prochaine séquence politique. Il a réaffirmé la position de son mouvement en faveur d’une nouvelle architecture institutionnelle et de l’avènement éventuel d’une Quatrième République.
« Pour Le Centre, en 2028, si les conditions sécuritaires s’y prêtent, la première grande consultation nationale ne doit pas être une élection générale ordinaire. Elle doit être la consultation du peuple sur la République qu’il veut, c’est-à-dire un référendum », a-t-il déclaré.
L’ancien ministre précise toutefois que 2028 constitue, selon lui, un horizon politique et non une échéance impérative. Il exclut notamment la tenue d’un référendum tant qu’une partie du territoire national resterait sous le contrôle d’autorités parallèles.
Pour Germain Kambinga, la restauration de l’autorité de l’État doit ainsi précéder toute consultation nationale de cette nature. Il cite notamment la paix, l’intégrité territoriale, la fin de l’occupation, la restauration de l’administration civile ainsi que la capacité de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) à fonctionner dans les provinces concernées.
« Le peuple doit trancher »
Le leader du Centre estime par ailleurs qu’une nouvelle Constitution ne pourrait être élaborée en dehors d’un cadre légal et institutionnel clairement établi.
« Le dialogue doit déterminer la voie. Les juristes doivent la sécuriser. Les institutions doivent l’encadrer. Le peuple doit trancher », a-t-il soutenu.
Dans sa vision, le débat ne devrait donc pas commencer par l’identité du prochain président de la République, mais par le choix du système institutionnel que les Congolais souhaitent pour leur pays.
« La question fondamentale ne doit pas commencer par : “Qui sera Président ?” Elle doit commencer par : “Oui ou Non pour une nouvelle Constitution ?” », a-t-il insisté.
Germain Kambinga propose ainsi de demander directement au souverain primaire s’il souhaite maintenir l’architecture de la Troisième République ou donner mandat pour l’élaboration d’une nouvelle architecture institutionnelle.
Pas d’élections sans l’ensemble du territoire
Cette proposition est également liée à la situation sécuritaire dans l’Est du pays. Germain Kambinga s’oppose à l’organisation d’élections générales alors qu’une partie du Nord-Kivu et du Sud-Kivu ne serait pas effectivement sous l’autorité de l’État congolais.
Il estime qu’une telle situation pourrait contribuer à « normaliser » une partition de fait que le pays cherche précisément à combattre.
Avant toute opération électorale nationale crédible, il pose ainsi plusieurs conditions : la restauration de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire, la fin de la guerre, la levée de l’état de siège lorsque sa raison d’être aura disparu, le rétablissement de l’administration et de la CENI dans les zones concernées, ainsi que la création de conditions permettant aux personnes déplacées d’exercer leurs droits.
Ce n’est qu’après cette étape qu’il envisage la tenue d’un référendum.
Pour le leader du Centre, cette consultation permettrait de sortir d’un débat politique souvent réduit aux positions des différents camps sur la Constitution.
« Les uns disent : “Le peuple ne veut pas qu’on y touche.” Les autres disent : “Le peuple veut la changer.” Très bien. Demandons-lui », a-t-il lancé.
La proposition de Germain Kambinga s’inscrit dans une réflexion qu’il affirme défendre depuis 2017 sur la nécessité d’une Quatrième République. Celle-ci devrait, selon lui, reposer notamment sur la méritocratie dans l’accès aux responsabilités publiques, la sanction de l’échec politique, l’indépendance effective des contre-pouvoirs, une décentralisation renforcée et une plus grande capacité de l’État à assurer sa souveraineté.
À ses yeux, le débat institutionnel ne devrait donc pas être séparé des questions de sécurité, de gouvernance, de justice, d’économie et de développement.
Germain Kambinga propose ainsi une séquence politique en deux temps : restaurer d’abord l’autorité de l’État et les conditions permettant une consultation nationale, puis demander directement au peuple de choisir l’architecture institutionnelle qu’il souhaite avant d’ouvrir la compétition entre les candidats.
« Le peuple d’abord. Le référendum d’abord », a-t-il conclu.
Christian T. ÉZÉCHIEL