Éducation & Formation RDC : Kinshasa rejette la prise de contrôle des universités par le M23/AFC dans les zones occupées

RDC : Kinshasa rejette la prise de contrôle des universités par le M23/AFC dans les zones occupées

Marie-Thérèse Sombo Ayanne Safi, ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire, signant au nom du Gouvernement un protocole d’accord avec le ban syndical de l’ESU samedi 14 septembre 20 24 à Kinshasa/Bibwa. MIN-ESU
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 21 MAI 2025 - 07:02 WAT · 3 min de lecture

Le gouvernement congolais a exprimé une opposition catégorique aux récentes mesures imposées par la coalition rebelle M23/AFC concernant la gestion des établissements d’enseignement supérieur dans les territoires sous son contrôle au Nord-Kivu et au Sud-Kivu.

Dans un communiqué publié ce mardi 20 mai, la ministre de l’Enseignement Supérieur et Universitaire (ESU), Marie-Thérèse Sombo Ayanne Safi Mukuna, a qualifié ces décisions d’« illégales, désastreuses et dangereuses », estimant qu’elles visent à désarticuler le système éducatif national et à le soumettre à des logiques de contrôle illégitime.

Ces mesures émanent d’une réunion tenue entre des représentants du M23/AFC et les présidents des conférences des chefs d’établissements de l’ESU dans les zones occupées. Parmi les décisions annoncées :

  1. La rupture des liens administratifs et pédagogiques avec le ministère de l’ESU à Kinshasa ;
  2. La désignation d’une conseillère du gouverneur rebelle comme responsable régionale de l’enseignement supérieur ;
  3. La prise en main des frais de scolarité par les autorités rebelles locales ;
  4. La création d’une commission parallèle de validation académique placée sous leur autorité.

En réponse, Kinshasa a réaffirmé sa position intransigeante : « Le Ministère de l’ESU dénonce avec la dernière énergie toutes ces mesures qui tendent à désarticuler et à discréditer les études supérieures et universitaires dans les territoires sous occupation. »

La ministre insiste sur la nécessité de préserver l’unité et l’intégrité du système éducatif congolais, rappelant que « la formation de la jeunesse estudiantine ne peut en aucun cas se conjuguer avec les incohérences dictées par des intérêts partisans ». Elle souligne également les efforts d’harmonisation en cours à l’échelle régionale, appelant à ne pas faire dériver l’enseignement supérieur congolais « à contre-courant ».

Le gouvernement lance également un appel pressant à la communauté internationale : « Le Ministère invite instamment les organisations internationales en charge de l’éducation et des droits humains à se saisir de ces dérives inquiétantes. »

Sur le terrain, les établissements publics d’enseignement supérieur installés dans les zones contrôlées par le M23/AFC sont pris en étau. Ils font face à une double contrainte : obéir aux injonctions des rebelles tout en restant alignés avec les normes de Kinshasa. Cette situation alimente une confusion croissante, notamment sur les questions des frais académiques, de l’organisation des examens, de la délivrance des diplômes ou encore de la reconnaissance des cursus.

Pour mémoire, la ville stratégique de Goma est tombée sous contrôle du M23/AFC le 12 avril 2025.

Gilbert N.

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