RDC : L’APLTP lance la formation spécialisée sur les investigations et les poursuites en matière de traite des personnes
RDC : L’APLTP lance la formation spécialisée sur les investigations et les poursuites en matière de traite des personnes
AFP
L’Agence pour la Prévention et la Lutte contre la Traite des Personnes (APLTP) à travers sa coordinatrice, Me Cécile Meta a procédé, ce mercredi 2 novembre à Kinshasa, au lancement de la formation spécialisée sur les investigations et les poursuites en matière de traite des personnes en présence des autorités administratives et judiciaires.
Du 2 au 5 novembre, les participants (enquêteurs), seront outillés sur les techniques et stratégies d’investigation et des poursuites des auteurs d’actes de traite des personnes qui demeure primordiale pour sécuriser les victimes, démasquer les trafiquants et complices, et enfin démanteler les réseaux criminels.
Ces enquêteurs seront formés par un formateur expérimenté en enquête afin de les aider en se servant de ses expériences à mieux mener des enquêtes en toute sécurité et discrétion sans leurs exposer au danger et pièges des trafiquants.
Dans son mot, la coordinatrice de l’APLTP a expliqué pourquoi la ville de Kinshasa a été choisie pour cette formation spécialisée sur investigation et poursuites des traite des personnes.
D’après elle, Kinshasa répond à certaines réalités car elle est le point de départ, de transit et ou de destination des victimes de la traite des personnes. C’est le grand centre de négoce des passeurs des migrants et des trafiquants des personnes.
«Plusieurs corridors de trafic des migrants et de passage des potentielles victimes de traite y trouvent le point de départ. Les victimes recrutées ou enlevées au Kongo-Central, au Grand Équateur, en la Province orientale, au Grand Kasaï arrivent à Kinshasa par avion, fleuve et route, elles sont hébergées dans certains quartiers périphériques de la ville et les VIP destinées à la prostitution sont logées dans des villa de la commune de la Gombe ou de Ngaliema. Certaines victimes sont exportées», a-t-elle fait savoir.
À l’en croire, la traite des personnes demeure l’une des graves violations des droits de l’homme dans le monde, elle réduit l’homme au rang des marchandises, elle lui dénie tous ses droits, et lui enlève tout raisonnement normal.
«Cette atteinte grave aux droits fondamentaux d’une personne se présente sous plusieurs formes qui s’apparentent à d’autres infractions graves qui peuvent constituer des moyens utilisés par les trafiquants. Cependant la traite des personnes s’en différencie par l’objectif poursuivi qui est l’exploitation personnelle de la victime ou faciliter son exploitation par des tiers afin de se procurer des revenus», a-t-elle indiqué.
Qui plus est, elle a laissé entendre que ce phénomène regroupe plusieurs types de réseaux criminels qui collaborent et opèrent dans l’exploitation de la traite des personnes, la corruption, la vente d’armes, le blanchiment des capitaux et encore le trafic d’espèces protégés.
Par ailleurs, cette formation de quatre jours est organisée avec le soutien financier de l’USAID et l’appui technique de l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM) qui sont des partenaires de l’APLTP.
Il y a lieu de signaler que l’Assemblée nationale a adopté, le mercredi 26 octobre dernier, le projet de loi modifiant et complétant le décret du 30 janvier 1940 portant code pénal en matière de la prévention et de la protection de la traite des personnes.
L’APLTP avec l’assistance technique de l’OIM, a doté la RDC d’une base des données, d’un centre d’appel gratuits 129 pour les victimes de traite et les témoins, notamment d’une stratégie de communication dans le domaine de traite assortie d’un plan opérationnel de communication ainsi que d’un mécanisme de référencement SOP.
Christian Okende
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