RDC : le gouvernement dénonce les affirmations « tendancieuses » de François Grignon sur le retrait de la Monusco
RDC : le gouvernement dénonce les affirmations « tendancieuses » de François Grignon sur le retrait de la Monusco
AFP
Le ministère des Affaires étrangères et Francophonie de la RDC a fustigé jeudi 7 septembre « les affirmations tendancieuses » du directeur des Affaires politiques de la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la Stabilisation en République démocratique du Congo (Monusco), François Grignon.
Au cours d’une conférence de presse tenue mercredi 6 septembre à Kinshasa, François Grignon a déclaré que « la lettre du gouvernement congolais sur le retrait accéléré de la Monusco est opportune », faisant ainsi allusion à la précipitation et au vide sécuritaire qui se créeraient au cas où le retrait de cette mission onusienne intervenait avant décembre 2024.
Dans une note de mise au point faite jeudi par le bureau de la diplomatie congolaise, le bureau de Christophe Lutundula est revenu à la charge pour recadrer les propos du directeur des Affaires politiques de la Mission onusienne en RDC.
« Pour quiconque a la lettre du vice-premier ministre, ministre des Affaires étrangères et Francophonie du 1er septembre, adressée au président du Conseil de Sécurité de l’ONU, il aura certainement retenu qu’il ne s’agit nullement de précipiter le départ de la Monusco, encore moins de divorcer d’avec l’ONU », a écrit le bureau de Christophe Lutundula démentant les affirmations de ce haut-fonctionnaire onusien.
Cette note de mise au point fait savoir que les allégations de François Grignon va en l’encontre de celles du secrétaire général António Guterres, qui reconnaît d’une part que la Monusco n’est pas capable d’affronter les groupes armés, le M23 particulièrement et constate d’autre part que la situation sécuritaire et humanitaire ne fait que se détériorer chaque jour d’avantage dans l’Est, spécialement dans la province du Nord-Kivu.
« Il serait criminel et contre-productif de continuer à s’accrocher au maintien de cette mission onusienne », peut-on encore lire dans le même document. Le bureau avance qu’il serait du reste défier le peuple congolais et ses dirigeants, et vouloir pervertir la Monusco qui risquerait d’être perçue comme une force de maintien de l’insécurité et de l’agression de la RDC par le Rwanda, au lieu de contribuer à sa stabilisation.
En outre, le ministère des Affaires étrangères et Francophonie trouve « irrévérencieux et indélicat », pour un fonctionnaire au sein de la Monusco, de s’autoriser d’y répondre à la place de la haute institution onusienne concernée. « Certes, le retrait ne doit pas être précipité, mais ne doit pas non plus être retardé, ni gêné par des atermoiements ou faux-fuyants », ajoute la même note.
La Mission onusienne en RDC est à la porte de sortie. Son retrait a été décidé et annoncé par le Conseil de sécurité de l’ONU dans sa Résolution n°2409 du 27 mars 2018. Il n’est resté que sa mise en application différée depuis 5 ans. Le plan de transition a été adopté en 2021.
Odon Bakumba

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