RDC : le Gouvernement mise sur l’amélioration des infrastructures pour booster l’économie
Routes, aérogares et électricité : Doudou Fwamba détaille la stratégie d’investissement du gouvernement. DROIT PHOTO TIERS
AFP
Lors d’un dîner de presse organisé par l’Asbl Toile d’araignée, le ministre des Finances, Doudou Fwamba, a échangé avec des journalistes et responsables de presse, notamment sous la conduite de son coordonnateur, Jérôme Sekana. L’objectif de cette rencontre était de discuter des enjeux économiques du pays, particulièrement ce qui concerne l’ajustement budgétaire et la stabilité macroéconomique face aux défis sécuritaires qui affectent la RD-Congo.
Parmi les priorités du gouvernement, les infrastructures routières figurent en tête de liste. Selon le ministre, les investissements en capital ont connu une progression spectaculaire entre 2023 et 2024, passant de 700 millions de dollars à 3,4 milliards.
Cette injection massive de fonds s’est traduite par plusieurs chantiers à travers le pays, notamment la réhabilitation de la route de la Passion de Nkamba pour plus de 9 millions de dollars, ainsi que le financement des travaux de voirie à Kananga, avec un engagement de 17 millions de dollars pour 90 kilomètres de routes.
« Par exemple, pour les dépenses en capital au premier semestre de l’exercice 2023, le total des investissements s’élevait à environ 700 millions de dollars. En revanche, pour l’exercice 2024, le montant global des investissements se situe à 3,4 milliards, soit environ 1,2 milliard de dollars américains. Vous constaterez ainsi qu’il y a eu 500 millions supplémentaires d’investissement », a révélé le ministre Fwamba.
D’autres provinces bénéficient également de cet effort infrastructurel. En Ituri, un nouvel aérogare est en construction, financé à hauteur de 13 millions de dollars. Dans la Tshopo et le Kasaï oriental, des travaux similaires sont en cours, contribuant à améliorer la connectivité et l’accès aux services de base.
Kinshasa n’est pas en reste
Kinshasa, la capitale, n’est pas en reste. Conscient de l’état critique des routes, le gouvernement a pris en charge directement les chantiers en cours. De la réhabilitation du Grand marché aux avenues Bokassa, Rwakading, de l’École et Matankumu, ces travaux sont financés par l’État, avec l’appui de partenaires comme la Banque mondiale à travers le projet Kin Elenda et l’Agence française de développement.
« Le gouvernement central a décidé de prendre les choses en main. Je tiens à informer les patrons de presse ici présents que toutes les voiries actuellement en construction à Kinshasa sont financées par le gouvernement central », a fait savoir l’argentier national.
Le ministre Fwamba a révélé une information concernant les projets de voirie à Kinshasa. Sur les 250 à 300 kilomètres de routes en construction dans la ville, environ 170 kilomètres seront réalisés en chaussée rigide en béton, c’est pour assurer la durabilité des infrastructures et réduire les coûts de maintenance à long terme.
Les travaux de construction des routes à Kinshasa sont réalisés avec des matériaux produits localement, ce qui représente un double avantage : la réduction des coûts d’importation et la stimulation de l’économie locale.
Doudou Fwamba a insisté sur le fait que l’amélioration des infrastructures routières facilite la mobilité et réduit les pertes de temps liées aux embouteillages, un facteur pour la compétitivité et la croissance économique. En investissant dans les voiries, soutient-il,le gouvernement met en place les conditions nécessaires pour favoriser une relance économique durable.
« Lorsque nous améliorons et modernisons nos infrastructures, nous créons un environnement propice à l’activité économique. Les heures perdues dans les embouteillages sont autant de points de croissance économique manqués », a précisé le ministre.
Investissements pour la Croissance Endogène
L’un des éléments centraux de l’approche du ministre des Finances reste la croissance endogène, un concept économique qui met l’accent sur l’importance des investissements publics pour créer des conditions propices à l’émergence du secteur privé.
Électrification
Outre les infrastructures routières, le gouvernement a également intensifié ses efforts en matière d’électrification. L’ANSER a ainsi reçu plus de 13 millions de dollars pour renforcer l’accès à l’électricité en milieu rural. De plus, dans le cadre du PDL 145 territoires, 59 millions de dollars ont été décaissés pour finaliser plusieurs projets.
Au-delà des chiffres, Doudou Fwamba a tenu à expliquer la logique économique qui sous-tend ces investissements.
« Nous croyons en ce que l’on appelle la croissance endogène. L’État doit être le dernier rempart, celui qui crée les conditions permettant au secteur privé d’investir. »
Pour le ministre des Finances, ces investissements ne sont pas seulement des dépenses, mais un pari sur l’avenir.
« La modernisation de nos infrastructures s’inscrit dans une logique de relance économique durable », a-t-il conclu.
Ézéchiel CTM
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