Sports Le foot plus fort que la guerre et Ebola : la parenthèse qui a réuni la RDC

Le foot plus fort que la guerre et Ebola : la parenthèse qui a réuni la RDC

Entre épidémie d'Ebola et guerre dans l'Est, le but de Wissa a offert à la RD Congo une rare parenthèse d'unité. Chronique d'un pays qui s'est rassemblé, le temps d'un match.

Le foot plus fort que la guerre et Ebola : la parenthèse qui a réuni la RDC
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 18 JUIN 2026 - 11:59 WAT · 3 min de lecture

Le même pays qui pleure ses morts a chanté, mercredi soir, le but de Yoane Wissa. Pendant que les Léopards tenaient le Portugal en échec à Houston, la RD Congo vivait, ailleurs, des heures sombres : une épidémie d’Ebola dans l’Est et une guerre qui ne dit pas son nom. Le football n’efface rien de tout cela. Mais, l’espace d’une soirée, il a offert au pays une raison commune de lever la tête.

Le contraste est brutal. Depuis le 17 mai, l’Organisation mondiale de la santé a déclaré l’épidémie d’Ebola, partie de l’Ituri, urgence de santé publique de portée internationale. Plus à l’est, la coalition AFC/M23 administre Goma, Bukavu puis Uvira ; Kinshasa dénonce une « agression rwandaise », tandis que les Nations unies font état de milliers de soldats rwandais sur le sol congolais. Le pays compte des millions de déplacés. C’est dans ce décor que les Léopards sont entrés sur la pelouse.

Le pouvoir a fait du tournoi un objet d’unité nationale. Devant le Parlement, en décembre, le président Félix Tshisekedi avait érigé le football en « puissant vecteur d’unité » et en « source de cohésion nationale », invitant les vingt-six provinces à se rassembler derrière l’équipe. Le chef de l’État a fait le déplacement de Houston pour le match, et son initiative a permis d’installer des écrans géants jusque dans les camps de réfugiés congolais au Burundi.

« Il y aura des écrans géants installés dans tous les camps de réfugiés pour permettre aussi aux réfugiés de suivre la Coupe du Monde », a confirmé l’ambassadeur de la RDC au Burundi, Willy Mulamba Mabika, évoquant aussi des milliers de maillots distribués. Dans ces camps, comme à Kinshasa, le but de Wissa a déclenché les mêmes cris, la même ferveur — celle d’un peuple dispersé qui, le temps d’un match, s’est retrouvé.

Tout n’est pas qu’élan, pourtant. Une partie de la presse met en garde contre la récupération politique de cette ferveur, alors que la contestation monte et qu’une marche d’opposition est annoncée pour le 8 juillet. Le football ne soigne pas Ebola et ne ramène pas les déplacés chez eux. Mais à l’heure où tout sépare les Congolais, un maillot et un but ont rappelé ce qui, encore, les rassemble.

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B
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