Afrique Soudan : les Frères musulmans accusés de vouloir masquer des crimes contre les civils
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Soudan : les Frères musulmans accusés de vouloir masquer des crimes contre les civils

Soudan : les Frères musulmans accusés de vouloir masquer des crimes contre les civils
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 8 JUILLET 2026 - 14:12 WAT · 4 min de lecture

Alors que la ville d’El-Obeid, dans l’État du Kordofan du Nord, cristallise les tensions entre les différents protagonistes du conflit soudanais, plusieurs observateurs accusent les Frères musulmans et l’armée basée à Port-Soudan de mener une campagne médiatique visant à attirer la pression internationale, tandis que des attaques meurtrières continuent d’être signalées dans d’autres régions du pays.

Selon le média soudanais Darfur 24, plusieurs civils ont été tués ou blessés après qu’un drone aurait bombardé, il y a deux jours, un convoi commercial en provenance de Libye et à destination du nord du Darfour.

Un survivant de cette attaque affirme que le convoi, composé de plus de quatorze camions transportant des produits de première nécessité, a été pris pour cible alors qu’il faisait une halte dans une zone désertique proche de Badiyat Al-Zarq, au nord d’El-Facher.

Hamed Haroun, proche de l’une des victimes cité par Darfur 24, indique que son parent, le chauffeur Omar Adam Ibrahim, a été tué dans le bombardement, tandis que trois autres personnes ont été blessées. L’attaque aurait également provoqué l’incendie de plus de quatorze camions chargés notamment de sucre, de farine, de riz, de savon, de pâtes alimentaires, d’eau et de boissons gazeuses destinés aux villes de Mellit, Al-Kouma et Kutum. Les pertes matérielles sont estimées à plusieurs milliards de livres soudanaises.

Parallèlement à ces événements, plusieurs analystes estiment que les avertissements faisant état d’une attaque imminente contre El-Obeid relèveraient davantage d’une stratégie de communication que d’une réalité militaire.

L’écrivain soudanais Abdel Wahed Kanaan considère que la ville est devenue « un symbole de l’exploitation de la crise humanitaire à des fins militaires et médiatiques ». Selon lui, les groupes islamistes alliés à l’armée soudanaise utiliseraient la présence des populations civiles comme un levier stratégique.

Il affirme notamment que les restrictions imposées aux déplacements des habitants viseraient, d’une part, à créer un « bouclier humain » susceptible de compliquer toute offensive militaire et, d’autre part, à disposer d’images de victimes civiles pouvant être exploitées sur le plan médiatique lors d’éventuels affrontements.

Des restrictions de déplacement dénoncées

Des rapports locaux indiquent que les autorités militaires de Port-Soudan empêchent les civils de quitter El-Obeid en maintenant des postes de contrôle aux entrées et sorties de la ville.

Selon plusieurs militants soudanais, seuls les véhicules transportant des familles d’officiers et de hauts responsables auraient été autorisés à quitter la ville, une situation jugée discriminatoire par des organisations locales qui dénoncent l’absence d’explications officielles.

De son côté, le gouvernement de l’Alliance Taasis, également appelé « Gouvernement de la paix », affirme avoir accepté l’ouverture de couloirs humanitaires sécurisés afin de permettre aux civils de quitter les zones de combat et de faciliter l’acheminement de l’aide humanitaire, en coordination avec les Nations unies et d’autres partenaires internationaux.

Les autorités de Taasis indiquent également poursuivre leurs échanges avec les États-Unis, le Royaume-Uni, l’Union européenne et l’Union africaine afin d’obtenir des mesures urgentes de protection des populations civiles.

De nouvelles accusations contre l’armée

Le gouvernement Taasis accuse par ailleurs l’armée basée à Port-Soudan d’avoir intensifié ses opérations militaires au Darfour et au Kordofan, tout en cherchant à détourner l’attention de présumés massacres récents en mettant l’accent sur une éventuelle offensive contre El-Obeid.

Selon ce gouvernement, un convoi commercial transportant des denrées alimentaires et des biens essentiels en provenance de Libye a récemment été ciblé par des drones. Il affirme que cette attaque, combinée à la mort de sept élèves candidats au certificat d’études soudanais dans la région d’Oum Garfa, constitue une violation grave du droit international humanitaire.

En mars dernier, une autre attaque attribuée à l’armée contre un hôpital de l’ouest du Soudan avait fait au moins 64 morts, dont treize enfants, selon les Nations unies.

Le Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) s’était alors déclaré « profondément choqué » par cette attaque, rappelant que les infrastructures de santé, les personnels médicaux et les civils doivent être protégés conformément au droit international humanitaire.

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