Réforme constitutionnelle : l’abbé Blaise Kanda défend les prêtres de Kananga contre l’accusation de tribalisme
L'abbé Blaise Kanda défend les prêtres de Kananga qui ont contesté la CENCO sur la réforme constitutionnelle, et rejette l'accusation de tribalisme en rappelant un précédent de 2011.
Réforme constitutionnelle : l’abbé Blaise Kanda défend les prêtres de Kananga contre l’accusation de tribalisme
AFP
L’abbé Blaise Kanda, prêtre du diocèse de Mbuji-Mayi, a pris la défense des prêtres catholiques de Kananga qui ont contesté la position de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) sur la réforme constitutionnelle. Dans une déclaration écrite relayée par le journaliste Eric Wemba, il rejette l’accusation de tribalisme portée contre eux et convoque un précédent vieux de quinze ans.
Le religieux rappelle qu’en 2011, des prêtres du Katanga avaient eux aussi pris leurs distances avec la Conférence épiscopale, sans être accusés de repli ethnique. « Des prêtres catholiques du Katanga ont, en 2011, contesté une déclaration politique de la CENCO au sujet de la vérité des urnes. Il paraît qu’ils n’étaient pas tribalistes et qu’ils avaient du respect pour la hiérarchie. Ils n’ont jamais été sanctionnés », écrit-il.
Pour l’abbé Kanda, faire de la contestation des prêtres de Kananga un marqueur communautaire relève d’une dérive. « Si c’est un mauvais exemple à ne pas suivre, il ne faut pas lier la contestation à une tribu: les baluba du Kasaï », ajoute-t-il dans sa dénonciation.
La sortie s’inscrit dans un débat qui traverse l’Église catholique congolaise. La CENCO s’est opposée à un changement de Constitution, jugeant que le pays n’en avait pas besoin, quand une partie du camp présidentiel plaide pour une révision. À l’intérieur même du clergé, des voix se sont élevées ces dernières semaines, les unes pour appuyer la hiérarchie, les autres pour s’en démarquer.
En ramenant le débat sur le terrain de la liberté de parole des prêtres, l’abbé Kanda déplace la controverse: il ne s’agit plus seulement du fond de la réforme, sur laquelle opposition et Église avancent en front commun fissuré, mais du droit, pour un membre du clergé, de s’écarter d’une position officielle sans se voir prêter une appartenance ethnique.