RDC : Kinshasa obtient l’engagement des FDLR à se désarmer, Kigali attendu sur le retrait de ses troupes
RDC : Kinshasa obtient l’engagement des FDLR à se désarmer, Kigali attendu sur le retrait de ses troupes
AFP
Le gouvernement de la république revendique une avancée diplomatique majeure dans la mise en œuvre des Accords de Washington. Il affirme avoir obtenu la signature, par les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), d’un protocole de démilitarisation, de démobilisation et de cantonnement. Pour Kinshasa, cette étape ouvre la voie à la reddition volontaire de ce mouvement armé et constitue un préalable au retrait des troupes rwandaises du territoire congolais.
Cette annonce a été faite ce mardi 28 juillet 2026, lors d’un briefing presse coanimé par le ministre de l’Intégration régionale, Floribert Anzuluni, et le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya.
En revenant sur les engagements pris dans le cadre des Accords de Washington, Floribert Anzuluni a rappelé que les deux parties avaient accepté des obligations précises.
« Comme vous le savez tous, le 4 décembre dernier, la République démocratique du Congo a signé un accord de paix à Washington, sous la facilitation des États-Unis, avec le Rwanda. Cet accord était assorti d’engagements pris par les deux parties. Ces engagements se retrouvent notamment dans le CONOPS, le concept opérationnel qui définit les différentes étapes de leur mise en œuvre », a-t-il expliqué.
Il a précisé que « dans le cadre de ce CONOPS, le Rwanda s’est engagé à retirer ses troupes de la RDC, ce qu’il appelle la levée des mesures défensives. De son côté, la RDC s’est engagée à neutraliser les FDLR ».
Selon lui, Kinshasa continue de considérer que la présence des FDLR est utilisée comme argument pour justifier l’agression contre la RDC.
« Nous avons toujours soutenu, et nous continuons de soutenir, que la question des FDLR est instrumentalisée par le Rwanda pour justifier son agression, dont l’objectif réel est le contrôle des ressources naturelles congolaises », a déclaré Floribert Anzuluni.
Le ministre de l’Intégration régionale a indiqué que le Gouvernement avait privilégié une solution pacifique avant d’envisager toute option militaire.
« Depuis le mois d’octobre dernier, nous avons lancé une campagne de sensibilisation communautaire, avec l’appui de la MONUSCO, afin d’encourager les combattants des FDLR à se rendre volontairement. Face à l’absence de résultats, nous avons, depuis le mois de mars, engagé un déploiement de troupes dans le territoire de Walikale en vue d’une éventuelle neutralisation par la force », a-t-il expliqué.
C’est dans ce contexte, a poursuivi le ministre, que les dirigeants des FDLR ont sollicité un dialogue avec les autorités congolaises.
« Le leadership politique et militaire des FDLR nous a contactés pour discuter des conditions d’une reddition volontaire et d’un processus de démilitarisation, de démobilisation et de cantonnement », a-t-il révélé.
Cinq zones sur six hors du contrôle de Kinshasa
Floribert Anzuluni a également apporté des précisions sur la localisation des combattants des FDLR.
« Dans le cadre du mécanisme de suivi mis en place après les Accords de Washington, la RDC, le Rwanda et le facilitateur se sont accordés sur six zones de localisation : cinq au Nord-Kivu et une au Sud-Kivu. Il convient de souligner que cinq de ces six zones échappent au contrôle de l’armée congolaise et sont sous celui du Rwanda et de l’AFC-M23 », a-t-il affirmé.
Kinshasa promet un suivi rigoureux
Le ministre de l’Intégration régionale a assuré que toutes les dispositions seront prises afin de garantir le respect du protocole signé.
« Le plus important pour nous, c’est le sérieux des procédures. Aujourd’hui, nous avons l’engagement des dirigeants politiques et militaires des FDLR de participer, avec leurs combattants, au processus de désarmement. Nous mettrons tout en œuvre pour que l’ensemble des éléments encore actifs prennent part à ce processus de démobilisation », a-t-il déclaré.
Il a annoncé qu’un comité réunissant des partenaires régionaux et internationaux accompagnera le processus, avec l’appui technique du Programme de désarmement, démobilisation, relèvement communautaire et stabilisation (PDDRCS).
De son côté, Patrick Muyaya a insisté sur la nécessité pour le Rwanda d’honorer les engagements souscrits dans le cadre des Accords de Washington.
Selon le porte-parole du Gouvernement, le respect de ces engagements est indispensable pour consolider la paix, rétablir la confiance entre les parties et ouvrir la voie à une coopération économique régionale bénéfique pour les populations.
Christian Okende
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