Soudan : Vers une naturalisation de combattants étrangers pour soutenir l’effort de guerre
Soudan : Vers une naturalisation de combattants étrangers pour soutenir l’effort de guerre
AFP
Le Conseil de souveraineté du Soudan, dirigé par le général Abdel Fattah al-Burhan, a récemment adopté une politique permettant d’accorder la nationalité soudanaise et la résidence permanente à des combattants étrangers, notamment issus du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), selon un rapport du site Eagle Intelligence Reports.
Cette initiative s’inscrit dans une stratégie visant à renforcer les Forces armées soudanaises (SAF), engagées depuis avril 2023 dans un conflit prolongé contre les Forces de soutien rapide (RSF). Face à l’épuisement de ses troupes sur plusieurs fronts — notamment à Khartoum, au Darfour et au Kordofan — l’armée soudanaise aurait fait appel à des combattants expérimentés venus d’Éthiopie.
D’après les informations relayées par Eagle Intelligence Reports, les combattants tigréens ont joué un rôle actif sur le terrain, en particulier lors de l’offensive des SAF pour reprendre la ville de Wad Madani, capitale de l’État d’Al Jazira. Environ 400 d’entre eux auraient également été mobilisés dans l’ouest du Kordofan.
Des zones de déploiement ciblées
Les forces tigréennes seraient actuellement positionnées dans plusieurs régions stratégiques, dont Wad Madani, Al-Hashaba (État du Nil Blanc) et différentes localités de l’ouest du Kordofan.
Selon les mêmes sources, ces combattants participeraient également à des opérations de recrutement dans des camps de réfugiés éthiopiens, notamment à Um Rakouba, dans l’État de Gedaref. Ils profiteraient du vide sécuritaire et de la précarité humanitaire pour inciter de jeunes réfugiés à rejoindre le conflit en échange d’une compensation financière.
Toujours selon Eagle Intelligence Reports, cette politique de recrutement ne concernerait pas uniquement les Tigréens. Dès les débuts du conflit, d’autres combattants issus de nationalités africaines auraient reçu la résidence ou la naturalisation en contrepartie de leur engagement militaire.
Mise en œuvre de manière discrète, cette démarche se serait déroulée sans consultation civile ou parlementaire. Elle soulève des inquiétudes concernant ses implications à long terme, tant sur le plan sécuritaire que sociopolitique.
Sur le plan stratégique, le Soudan offrirait aux anciens combattants du Tigré une nouvelle base opérationnelle, après leur retrait de leurs territoires en Éthiopie. En échange, ces derniers bénéficieraient d’une nouvelle identité, de la protection légale et de rétributions matérielles.
Toutefois, plusieurs experts mettent en garde contre les risques de déstabilisation à moyen et long terme. L’introduction de forces étrangères dans un conflit interne pourrait engendrer des tensions sociales, favoriser la création de milices incontrôlées, et accentuer les divisions au sein même de l’armée soudanaise.
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