Santé Suspension de la gratuité des accouchements à Monkole : le Fonds de Solidarité de Santé dénonce une décision «unilatérale et précipitée»
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Suspension de la gratuité des accouchements à Monkole : le Fonds de Solidarité de Santé dénonce une décision «unilatérale et précipitée»

Suspension de la gratuité des accouchements à Monkole : le Fonds de Solidarité de Santé dénonce une décision «unilatérale et précipitée»
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 9 JUIN 2025 - 22:40 WAT · 3 min de lecture

Le Fonds de Solidarité de Santé (FSS), pilier du programme de Couverture Santé Universelle (CSU) en République démocratique du Congo, a vivement réagi à la décision du Centre Hospitalier Monkole de suspendre temporairement la gratuité des services de maternité et de néonatologie. Cette mesure, entrée en vigueur le 7 juin 2025, fait suite à des arriérés de paiement que l’hôpital impute au Fonds depuis octobre 2024.

La direction de Monkole a rendu publique cette décision par le biais d’un communiqué diffusé sur les réseaux sociaux avant toute notification officielle, ce que déplore vivement le FSS dans une lettre adressée à l’administration de l’hôpital.

« Nous nous étonnons que notre partenaire, que vous êtes, puisse choisir d’utiliser en même temps les réseaux sociaux pour annoncer au public sa décision unilatérale à la même date où il nous a, du reste, écrit, soit le 2 juin 2025, sans attendre notre réaction sur l’ultimatum qu’il a lui-même fixé », écrit le Fonds.

Dans son communiqué du 7 juin, Monkole évoque un montant dû de 521.620,81 dollars américains, justifiant ainsi l’interruption des soins gratuits. Le FSS, de son côté, conteste ce chiffre et assure avoir versé 156.685,02 dollars entre janvier et mai 2025, soit une moyenne mensuelle de 31.317,04 dollars.

« Contrairement aux allégations contenues dans votre lettre, nous confirmons que le FSS a déjà payé au Centre Hospitalier Monkole, via son compte bancaire 010320030241 UBA, un montant de 156.685,02 dollars pour la période allant de janvier à mai 2025 », précise le Fonds dans sa lettre.

Le Fonds rappelle également que toute rupture de partenariat est régie par une convention contractuelle, en particulier l’article 15, qui prévoit un préavis formel obligatoire en cas de désengagement.

« Si Monkole décide de maintenir sa position, elle devra se conformer aux dispositions prévues par la convention qui lie les deux parties », prévient-il.

La décision de Monkole intervient moins d’un an après le lancement officiel de la gratuité des accouchements à Kinshasa, proclamée le 5 septembre 2023 par le président Félix Tshisekedi à l’hôpital militaire du Camp Colonel Tshatshi. Cette initiative représentait la première étape de la mise en œuvre concrète de la CSU, conformément aux axes 49 et 50 du programme gouvernemental adopté sous le Premier ministre Sama Lukonde.

La gratuité des soins maternels s’appuie sur la loi n°18/035 du 13 décembre 2018, modifiée par l’Ordonnance-Loi n°23/006 du 3 mars 2023, qui fixe les principes fondamentaux relatifs à l’organisation de la santé publique en RDC. Elle constitue également un élément central de l’application du Règlement sanitaire international.

La suspension décrétée par Monkole soulève ainsi des interrogations sur la viabilité du partenariat public-privé dans le cadre de la CSU et pourrait affecter la confiance des populations dans un système encore fragile.

Silas MUNGINDA

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