Société À Beni, des jeunes viennent en aide aux familles de militaires abandonnées
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À Beni, des jeunes viennent en aide aux familles de militaires abandonnées

À Beni, des jeunes viennent en aide aux familles de militaires abandonnées
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 17 JUIN 2025 - 21:12 WAT · 3 min de lecture

Abandonnées à leur sort par l’État congolais et les organisations humanitaires, plusieurs familles de militaires et de policiers, cantonnées dans une salle de la mairie de Beni, ont reçu une aide alimentaire de la part des jeunes du mouvement Africa Youth Leadership Forum – Beni (AYLF Beni), le lundi 16 juin 2025.

L’assistance, composée exclusivement de vivres, a été motivée par l’élan de solidarité de ces jeunes face à la précarité de ces familles déplacées. « Nous nous sommes sentis interpellés moralement et spirituellement à agir en solidarité avec les plus vulnérables. Cette action repose sur les valeurs d’amour du prochain, de justice sociale et de leadership responsable », a déclaré Joël Tasiviwe Mukulu, l’un des membres d’AYLF Beni ayant participé à cette action.

Selon lui, cette initiative dépasse le simple geste humanitaire : elle vise aussi un accompagnement psychologique et spirituel. « Notre objectif est d’apporter un soutien matériel, mais aussi moral et spirituel, à ces déplacés de guerre. Outre la distribution de vivres et de biens de première nécessité, nous avons voulu offrir des moments d’écoute, de prière et de partage fraternel », a-t-il précisé.

Profondément touchés par les conditions de vie dramatiques de ces familles, les jeunes d’AYLF Beni appellent à une prise de conscience collective. Ils souhaitent sensibiliser la communauté locale afin de renforcer la solidarité, l’engagement civique et patriotique autour de cette cause.

« À travers cette initiative, nous espérons non seulement soulager concrètement ces familles, mais aussi renforcer la cohésion sociale et encourager d’autres structures — organisations, églises ou particuliers — à poser des gestes concrets de compassion et d’entraide », a conclu Joël Tasiviwe.

Cette action de solidarité intervient quelques jours après l’alerte lancée par Fabrice Saambili, un cadre politique local, au sujet de la détresse des femmes et enfants de militaires ayant fui les zones occupées par les rebelles du M23. Il avait notamment plaidé pour la création urgente d’un fonds spécial d’assistance permanente à ces familles, en vue de répondre à leurs besoins les plus pressants.

Dans les rues de Beni, les signes de cet abandon sont visibles : des enfants, parfois vêtus d’uniformes militaires en lambeaux, errent en mendiant. Certains dorment à la belle étoile, devant la mairie ou dans des abris précaires. Beaucoup sont en âge d’être scolarisés, mais n’ont ni accès à l’éducation ni encadrement social.

Pour Saambili, la dignité de la République se mesure à sa capacité à protéger ceux qui ont risqué leur vie pour elle, ainsi qu’à assurer un avenir à leurs familles.
« La stabilité de notre pays commence par l’honneur que nous accordons à ceux qui le défendent. Laisser leurs familles dans la misère, c’est trahir leur mémoire et fragiliser notre armée », avait-il conclu.

Azarias Mokonzi

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