Société À Bunia, Ebola change les gestes quotidiens sans vider les marchés
Société À Bunia, Ebola change les gestes quotidiens sans vider les marchés
GRAND REPORTAGE

À Bunia, Ebola change les gestes quotidiens sans vider les marchés

À Bunia, l’épidémie d’Ebola modifie les gestes ordinaires sans arrêter la vie économique. Au grand marché, l’activité reste dense et la distanciation difficile, selon des témoignages recueillis par Radio Okapi. Entre transports collectifs, boutiques et retours à domicile, la prévention avance par gestes isolés plus que par rupture des habitudes.

Lecture : 3 min
La Rédaction 11 juin 2026

À Bunia, l’épidémie d’Ebola entre dans les gestes du quotidien, mais elle ne vide pas encore les espaces publics. Selon Radio Okapi, l’activité commerciale reste intense au grand marché de la ville, où vendeurs, acheteurs et conducteurs de motos taxis se croisent dans des allées bondées. Dans ces conditions, la distanciation physique reste difficile à appliquer.

Un marché encore dense

Le grand marché de Bunia résume la tension entre prévention sanitaire et nécessité économique. Les habitants continuent d’acheter, de vendre, de transporter et de circuler. Dans une ville où les revenus dépendent souvent de l’activité quotidienne, rester à la maison n’est pas une option simple pour de nombreux ménages.

Radio Okapi rapporte que certains habitants modifient pourtant leurs comportements. Des commerçants imposent le lavage des mains avant les transactions. Des parents disent aussi renforcer l’hygiène au retour du marché. Cette adaptation ne supprime pas le risque, mais elle montre que les messages sanitaires commencent à s’installer dans certains lieux.

Le transport reste le point fragile

La promiscuité dans les transports collectifs ressort comme l’une des failles de la prévention. Patric Ndamukulu, un habitant de Bunia interrogé par Radio Okapi, a déclaré : « La plus grande difficulté reste le transport en commun car nous n’avons pas d’autres moyens de déplacement. Nous ne savons pas comment nous protéger. »

Cette phrase dit une contrainte simple : la prévention suppose des choix que tout le monde ne peut pas faire. Éviter la foule, réduire les contacts ou changer de mode de transport dépend du revenu, de la distance, du travail et de l’offre disponible. À Bunia, l’épidémie se heurte donc à la ville réelle, celle des marchés, des motos taxis, des files, des billets échangés et des déplacements obligés.

Les boutiques et les foyers s’organisent

Dans plusieurs boutiques, le lavage des mains devient un passage obligé avant l’échange d’argent, selon les témoignages recueillis par Radio Okapi. Des commerçants disent disposer des seaux d’eau pour les clients et utiliser du gel hydroalcoolique après les transactions.

Les foyers aussi adaptent leurs routines. Cécile Grego, mère de famille interrogée par Radio Okapi, a expliqué porter des habits à manches longues au marché, puis les tremper dans l’eau à son retour avant de les laver. Le geste est domestique, presque silencieux, mais il raconte une forme de vigilance familiale face à une menace qui circule avec les corps, les objets et les déplacements.

Une prévention encore inégale

Ces initiatives ne suffisent pas à conclure que Bunia applique uniformément les gestes de prévention. BETO n’a pas encore vérifié sur place le nombre de boutiques appliquant le lavage obligatoire des mains, ni la fréquentation exacte du grand marché aux différentes heures de la journée. Les témoignages disponibles montrent plutôt une ville en transition, où certains habitants changent leurs habitudes pendant que d’autres restent pris dans la promiscuité ordinaire.

BETO retient que la riposte ne se joue pas seulement dans les centres de traitement ou les rapports épidémiologiques. Elle se joue aussi dans les marchés, les véhicules, les boutiques et les maisons. À Bunia, les gestes changent, mais la densité de la vie quotidienne reste le principal obstacle.

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