À Bruxelles, Aimé Boji appelle à un nouveau partenariat stratégique entre la RDC et l’UE
À Bruxelles, Aimé Boji appelle à un nouveau partenariat stratégique entre la RDC et l’UE
AFP
Lors d’une table ronde organisée ce samedi 13 septembre, à Bruxelles par le Multinational Development Policy Dialogue, avec le soutien de la Fondation Konrad Adenauer. Le président de l’Assemblée nationale, Aimé Boji Sangara Bamanyirwe, a émis le vœu de voir les relations entre la République démocratique du Congo et l’Union européenne changer de modèle. il a plaidé pour un partenariat fondé sur la réciprocité, le co-investissement et la co-responsabilité, plutôt que sur le seul schéma de l’aide au développement.
Dans son intervention, la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC a occupé une place importante, le président de l’Assemblée nationale estime qu’il ne peut y avoir de partenariat économique durable sans paix et stabilité.
L’insécurité dans les Grands Lacs affecte les populations congolaises, mais aussi les corridors régionaux, les chaînes d’approvisionnement et l’accès aux ressources stratégiques. La paix en RDC constitue ainsi, selon lui, un enjeu régional, mais également un intérêt pour l’Europe.
Dans ce contexte, Aimé Boji a appelé les partenaires européens à soutenir davantage les efforts de paix et les initiatives diplomatiques engagées sous la conduite du président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.
Le président de l’Assemblée nationale veut également faire évoluer la perception de la RDC auprès de ses partenaires. Il défend une RDC considérée comme un « partenaire stratégique » et non comme un simple bénéficiaire de l’aide internationale.
Le pays dispose de minerais critiques, d’un important potentiel énergétique, de terres arables, de ressources en eau et du bassin du Congo. Des atouts qui, selon Aimé Boji, peuvent contribuer aux grands défis mondiaux, notamment la transition énergétique, la sécurité alimentaire et la lutte contre le changement climatique.
L’enjeu est désormais de sortir du modèle basé sur l’exportation des matières premières pour développer des chaînes de valeur partagées, à travers la transformation locale, le transfert de technologies, l’industrialisation et la création d’emplois.
Les Parlements appelés à jouer leur rôle
Aimé Boji a également insisté sur la diplomatie parlementaire comme levier du rapprochement entre la RDC et l’Union européenne.
Les Parlements congolais et européens peuvent contribuer à renforcer la coopération, améliorer la qualité des législations, garantir la transparence et favoriser un environnement plus prévisible pour les investissements.
« Il faut passer d’un partenariat d’habitude à un partenariat de choix », a-t-il plaidé.
Pour lui, cette nouvelle relation doit reposer sur la confiance, le respect mutuel et la convergence des intérêts. La RDC, a-t-il soutenu, ne demande pas à l’Europe de faire son développement à sa place, mais souhaite construire avec elle un partenariat équilibré, capable de créer de la valeur pour les deux parties et de contribuer à la stabilité et à la prospérité de l’Afrique comme de l’Europe.
Silas MUNGINDA
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